Le goût de la lecture, une responsabilité qui incombe aux parents

Nicolas Gary - 15.10.2013

Edition - Société - lecture - parents - enfants


Si les parents considèrent que la lecture est un enjeu capital pour leur progéniture, les enfants, pour leur part, ont toujours un peu de mal à ouvrir un livre. 95 % des parents estiment qu'il est important que leurs enfants lisent, et pour 41 % la lecture est indispensable. Bien entendu, les catégories socioprofessionnelles les plus aisées y accordent le plus d'importance.

 

 

 

 

Une étude réalisée par OpinionWay pour l'APEL (Association des parents d'élèves de l'enseignement libre), France Info, Mon Quotidien et L'actu, montre que les parents associent lecture à instruction (97 %), capacité d'expression, orale ou écrite (96 %) et créativité (95 %). C'est également l'occasion de profiter d'un peu de temps pour soi, puisque 96 % la considèrent comme un moment de détente et plus de 75 % la vivent comme un plaisir. 15 % estiment qu'il s'agit d'un besoin. 

 

Pour 72 % des parents, c'est aussi un plaisir pour leurs enfants et ados, quoique certains l'assimilent à une obligation - notamment des familles vivant en ZEP. Reste qu'à 51 % la BD reste le support le plus lu, bien que le livre pour enfants représente, pour 68 % des parents d'enfants en école élémentaire, prenne une bonne place. Les magazines avec texte et illustrations pèsent pour 30 %. 

 

 

 

 

Enfin, on lit manifestement plus en soirée, les enfants préférant lire le soir, à 70 %. Dans les familles dont les enfants sont scolarisés en ZEP, 59 % pratiquent la lecture le soir, et 62 % dans les familles monoparentales. « Le week-end et les vacances sont également des moments considérés comme propices à la lecture par près de la majorité des parents (48% et 47%) et en particulier par les parents des catégories socioprofessionnelles les plus aisées (respectivement 52% vs 46% et 54% vs 40%). »

 

Pour autant, les enfants lisent peu : 56 % une fois par semaine, contre 30 % tous les jours ou presque. Le milieu social influe évidemment, autant que le niveau de scolarisation. Chez les familles monoparentales, on tombe à 18 % de parents estimant que leur enfant lit tous les jours ou presque. Dans tous les cas, 49 % des parents trouvent que leur progéniture devrait lire plus et « cette proportion est nettement plus importante parmi les parents ayant des enfants (exclusivement) en secondaire (62%) et ceux qui élèvent seuls leurs enfants (67% vs 46%) ».

 

 

 

 

Derniers points, les parents se sentent responsables de la transmission du goût de la lecture. La lecture est « davantage une appétence qui s'acquiert qu'une appétence qui serait innée : seuls 11% estiment que c'est un goût qui ne peut se manifester que spontanément », précise l'étude.

 

La responsabilité des parents incombe pour 46 % d'entre eux, puis l'entourage à 30 %. L'école n'aurait qu'un rôle lointain dans cette histoire, puisqu'elle n'obtient que 11 % des suffrages - contre 16 % pour les parents aux enfants scolarisés en ZEP. 

Du reste, pour les parents interrogés, transmettre le goût de la lecture cela passe avant tout par une activité simple de sensibilisation dans laquelle ils jouent un rôle actif : lire des histoires à leurs enfants dès leur plus jeune âge (78%).

En second lieu, abonner son enfant à un magazine dédié et/ou multiplier les sorties à la bibliothèque constituent des moyens plébiscités par près de la majorité des parents, pour donner le goût de la lecture (respectivement 45% et 42%).

 

 L'ensemble des données de l'étude est à consulter ci-dessous