Le gouvernement britannique appelé à mettre fin au monopole d'Amazon

Julien Helmlinger - 22.11.2013

Edition - International - The Book People - Amazon - Monopole


Avec la crise touchant la librairie et autres soucis d'interopérabilité des ebooks, certains redoutent un avenir où le marché serait confiné entre les mains d'une seule firme. La conférence FutureBook organisée par The Bookseller aura donné l'occasion à Seni Glaister, directrice générale pour The Book People, de déclamer un discours passionné appelant le gouvernement britannique à un véritable passage à l'action. Accordant son respect à Amazon pour sa contribution à la création du marché numérique, mais pointant l'impossibilité pour les libraires de le concurrencer sur le créneau, elle invite l'Etat à mettre un terme au monopole du géant.

 

 

 

 Carte chance ?

CC by 2.0 par HarshLight

 

 

Selon Seni Glaister, Amazon serait en droit de revendiquer le marché de l'ebook dans le sens ou la firme américaine y est pour beaucoup dans sa création. Mais la directrice générale de The Book People précise néanmoins qu'en ses qualités de lectrice, de consommatrice et de parent, « cette force dominante me rend très nerveuse. Amazon est maintenant dominant au point où il est aujourd'hui inattaquable ».

 

Elle estime que les dirigeants de l'industrie ont fait de leur mieux pour changer la tendance mais que « sans une intervention importante du gouvernement, il est impossible de rivaliser ». Il s'agirait de supprimer certains obstacles à la concurrence qui ont notamment dissuadé sa société, bien malgré elle, de se positionner sur le marché du livre numérique.

 

Au fil de son argumentation elle évoque notamment le fait qu'une plus grande concurrence permettrait au livre numérique de trouver son « prix naturel » sur le marché. Ajoutant, en ce qui concerne sa société : « Nous pouvons être meilleurs qu'Amazon dans la conservation et le marketing. Personnellement, je déteste l'idée d'être défini par mes achats passés, ce qui limite mon monde. »

 

Dans un autre registre, dénonçant un taux d'alphabétisation choquant avec une 25e position mondiale du pays, Seni Glaister a profité de l'occasion pour encourager les efforts d'alphabétisation du Royaume-Uni. Selon elle, l'apprentissage de la lecture devrait se faire en priorité via format papier avant de familiariser les enfants au numérique.

 

Sa conclusion : « Amazon peut appeler leur appareil de lecture Kindle, mais ce sont avant tout des éditeurs, des auteurs, des enseignants et des libraires qui font en sorte que nous gardons autant de feux allumés que possible. »