Le gouvernement britannique veut du numérique en bibliothèques

Clément Solym - 27.09.2012

Edition - Bibliothèques - Royaume-Uni - Ed Vaizey - Bibliothèques


Le gouvernement britannique a lancé, ce 26 septembre, une commission sur la thémathique du prêt de livres numériques au sein des bibliothèques. L'objectif annoncé est de définir une politique nationale pour ce qui concerne une mutation, jugée nécessaire, mais qui ne devrait à terme pas être sans incidences sur les divers acteurs de l'édition littéraire. 

 

 

Empty Library Shelves

Cybrgrl  (CC BY 2.0)

 

 

La commission est guidée par l'éditeur William Sieghart, fondateur du prix Forward pour la poésie. À ses côtés, un panel d'acteurs du monde du livre prendra part au débat. On dénombre notamment parmi eux l'auteure Joanna Trollope et Roly Keating, chef exécutif de la British Library.

 

Le gouvernement semble soucieux de rassurer et préserver à la fois les bibliothécaires et les usagers du service, mais également les auteurs et éditeurs. Il espère que le développement du prêt d'ebooks puisse bénéficier à toutes les parties. Il s'agit de définir des barrières à ce futur approvisionnement, et évaluer les conséquences possibles de ce changement d'usage pour les éditeurs.

 

Le ministre de la Culture, Ed Vaizey, a explicité : « Comme les lecteurs numériques sont en train de transformer la manière dont les gens accèdent aux livres, le prêt d'ebooks pourrait aider à transformer la manière dont ils utilisent les bibliothèques. [...] En agissant maintenant nous pouvons aider le développement du prêt numérique pour assurer que les bibliothèques, les auteurs, les éditeurs et le public en bénéficient tous. »

 

Du côté des bibliothécaires, l'accueil réservé à la table de discussion se veut prudent. Mark taylor, du Chartered Institute of Library and Information Professionals (CILIP), s'est exprimé : « Cela implique définitivement une question de mise au pas et je pense que les structures des bibliothèques vont changer. [...] Mais la technologie est en train de changer la manière dont les gens consomment des livres, et les bibliothèques doivent également changer. »

 

Le responsable exécutif de la Publishers Association, Richard Mollet, a confié ses craintes à Channel 4 News. Il considère que cette mutation va avoir de sérieuses conséquences, que ce soit pour les auteurs, pour les libraires et les maisons d'édition.

 

Richard Mollet a déclaré : « Les éditeurs travaillent étroitement avec les librairies et l'ont fait depuis des décennies. Je pense que le noeud du problème avec le prêt d'ebooks est que nous devons être sûrs que les éditeurs puissent durablement conserver un modèle d'activité, parce que lorsqu'il est aussi facile d'acheter un livre que de cliquer sur un bouton et l'emprunter, beaucoup plus de gens vont opter pour l'emprunt et cela implique de sérieuses conséquences pour les auteurs et leurs royalties, pour les revendeurs comme pour les éditeurs. »

 

Le paradoxe n'en frappera pas moins les observateurs : actuellement, le gouvernement britannique opère de multiples coupures dans le budget des établissements publics, incitant au bénévolat pour remplacer les salariés. Et ainsi, des bibliothèques se mettent à vendre des livres numériques, pour sauver leur établissement.