Le gouvernement canadien met un distributeur au pied du mur

Clément Solym - 12.06.2012

Edition - International - Canada - Literary Press Group - arrêt des subventions


Les employés du Literary Press Group of Canada (LPG) ont du mal à comprendre les motivations du gouvernement : le distributeur, qui travaille avec une cinquantaine de petits éditeurs, est l'un des seuls organismes livresques à subir les effets d'une austérité décidément de mise dans les pays occidentaux. La disparition des subventions menace directement le LPG, dont tous les employés pourraient se retrouver au chômage d'ici la fin de l'année.

 

Une lettre des autorités envoyée au LPG pour leur signifier la fin des subventions indique seulement que la priorité est donnée aux initiatives dont les effets sont mesurables. « Je peux compter tous les livres que nous avons vendus » se défend Jack Illingworth, directeur exécutif de LPG, en admettant que 100.000 titres n'est pas un chiffre énorme pour un distributeur. « Mais ce sont 100.000 livres par an, dont la majorité sont publiés par des éditeurs pour lesquels le gouvernement revendique son soutien. »


 

austerity

 

Créé en 1975 par une Association of Canadian Publishers en devenir, LPG bénéficiait depuis 1998 d'aides publiques, qui lui permettaient notamment d'engager des salariés à plein temps, plutôt que de payer ses représentants avec les commissions. L'annonce tombe particulièrement mal pour la structure, qui a déjà signé des engagements avec ses clients pour l'automne prochain. Or, dès la fin août, cinq représentants vont perdre leur emploi, et le reste de l'équipe est menacée si aucune solution n'est trouvée d'ici novembre.

 

Le LPG s'est donc tourné vers ses clients, les éditeurs : 26 d'entre eux se sont prononcés favorablement à la création d'une agence collective. Celle-ci serait plus à même d'attirer des investisseurs potentiels : « Un éditeur qui fait 30.000 $ par an avec de la poésie d'avant-garde n'est pas une proposition commerciale intéressante [pour les investisseurs]... Mais si nous sommes 20 ou 30 éditeurs avec un large catalogue et 600.000 ou 800.000 $ de chiffre d'affaires, ils seront plus intéressés. »

 

La course contre la montre a commencé...