Le gouvernement US ne lira pas sur Kindle

Clément Solym - 17.08.2012

Edition - International - Amazon Kindle - gouvernement US - 35 000 unités


Quand le Département d'État américain annonça son intention de se fournir en reader auprès d'Amazon, avec 35 000 unités commandées, (voir notre actualitté) nombreux furent ceux qui s'en sortirent avec une élégante bosse sur le haut du crâne. Alors même qu'Amazon « profitait » déjà du procès intenté à son concurrent Apple et cinq éditeurs pour entente sur le prix des ebooks, l'État lui servait une commande publique estimée à 16,5 millions $ ! Face à l'incompréhension, voire aux protestations, l'administration a finalement fait marche arrière.

 

 

 

 

Ce qui avait particulièrement choqué n'était pas tant le contrat en lui-même que les conditions d'attribution, qui s'apparentaient pour beaucoup à du favoritisme : l'administration Obama avait fourni un cahier des charges auquel seul Amazon était en mesure de répondre. Connectivité, ergonomie, fonctionnalités... C'est bien simple : seule la multinationale pouvait assurer le service sur les 5 années prévues dans le contrat : une sorte de gratification pour services rendus à la nation finalement...

 

Mais quelques voix se sont tout de même élevées : outre les spécialistes du secteur, qui ont vivement critiqué ce contrat en or remis à l'un des acteurs les plus confortablement installés sur le marché, la société K-NFB Reading Technology, qui développe des solutions de lecture sur des téléphones portables, s'est fendu d'une plainte. La société soulignait que l'étude de marché du gouvernement n'avait pas été complète, auquel cas il se serait rendu compte que K-NFB Reading pouvait largement fournir les fonctionnaires...

 

Et le message est finalement - et curieusement - tombé dans la journée d'hier : « La sollicitation du Département d'État américain (appel d'offres) SAQMMA12R0272 pour des readers Amazon, la gestion des contenus et la logistique est annulé et la justification et l'approbation pour l'attribution du contrat SAQMMA12D0131 sur une unique base est abandonnée. » Sur les véritables raisons de l'abandon, c'set un voile pudique qui est jeté : distorsion de la concurrence ? L'expression est généralement bannie outre-Atlantique... Plutôt une marche arrière pour ne pas s'empêtrer dans une histoire un peu bancale, même si son influence sur les électeurs était restée quantité négligeable.

 

L'équipement de l'administration en appareil de lecture numérique reste toutefois une possibilité que le gouvernement se réserve : « Le Département d'État a l'intention de mener des enquêtes de marché plus approfondies et de reconsidérer ses exigences pour ce programme. » Il est vrai que réclamer un lecteur ebook « disposant de fonctionnalités vidéos » est une demande plutôt incongrue... que même Amazon n'aurait pas pu satisfaire, pour le coup.