Le groupe Pearson garde ses parts de PRH

Antoine Oury - 14.09.2015

Edition - Economie - Pearson - Penguin Random House - édition


Des résultats plutôt mornes et la vente du Financial Times en juillet dernier laissaient croire que le groupe d'édition britannique Pearson était en mauvaise posture. Des rumeurs commençaient même à circuler sur le détenteur de 47 % du consortium Penguin Random House : on évoquait une possible vente au bénéfice de Bertelsmann, l'autre propriétaire de PRH. Mais Pearson vient de balayer ces bruits de couloir... pour un certain temps.

 

Pearson HQ Melbourne

Le siège australien de Pearson, à Melbourne (Michael Coghlan, CC BY-SA 2.0)

 

 

Pearson figure toujours au palmarès des plus grands éditeurs mondiaux, mais ses résultats économiques ont montré quelques signes de faiblesse, contrairement au groupe allemand Bertelsmann. Le mois dernier, on estimait même les parts de Pearson à 1,5 milliard €, et Bertelsmann était sur les rangs pour récupérer, dans un premier temps, 17 % supplémentaires de PRH.

 

Pour 2014, les revenus de Penguin Random House étaient en hausse de 25,2 %, à 3,3 milliards €, générant des bénéfices de 452 millions €, également en hausse de près de 25 %. Autant dire que la vente des parts de Pearson dans la machine à cash « n'était pas pressante », comme l'avait souligné le groupe.

 

Le directeur général de Pearson, John Fallon, a confirmé cette volonté de conserver des parts au sein de PRH, même s'il est possible au groupe d'en revendre une partie dès le mois prochain : « Il est probable que nous n'utiliserons pas ce recours dès maintenant », révèle Fallon. « Les affaires marchent très bien, et il nous faut encore un an pour réaliser toutes les synergies », précise-t-il à Bloomberg. Pas avant 2017, fixe-t-il en guise de prochaine échéance.

 

L'édition représente encore 93 % du chiffre d'affaires du groupe britannique, et une vente des parts de PRH serait donc peu stratégique, même pour se renflouer. D'autant plus que Pearson a déjà lâché le Financial Times, vendu au Japonais Nikkei, et les 50 % qu'il détenait dans The Economist.

 

Bertelsmann n'a pas commenté, mais se tient prêt en cas d'ouverture chez Pearson, quitte à faire monter les enchères.