Le 'Japazon', regroupement de 13 acteurs japonais contre Amazon

Clément Solym - 30.12.2013

Edition - International - Japon - acteurs numériques - lutter contre Amazon


A force de voir le monde entier se liguer contre Amazon, peut-être en finira-t-on par se demander ce que la firme a bien pu faire pour mériter tant d'hostilité. En attendant ce jour, le Japon va découvrir, au printemps prochain, une coalition de 13 acteurs réunis autour d'un projet de commercialisation de livres numériques. Le projet est de fonder un Japazon, qui serait en mesure de rivaliser avec le géant américain.

 

Reading

mrhayata, CC BY SA 2.0

 

 

Le consortium de ces 13 acteurs compte des Rakuten , ou encore Sony, Toahn et des libraires locales, telles que Sanseido ou Kinokuniya. Leur projet est tout à la fois d'occuper l'espace internet, mais également d'enrayer dans la mesure du possible, les baisses de fréquentation dans les librairies physiques. Amazon est arrivé à l'automne dernier sur le territoire, et s'est déjà déployé au point d'occuper la plus grande partie du marché de l'ebook japonais. 

 

Pour ce faire, l'idée d'une connexion entre les magasins et le monde dématérialisé passerait par un principe de cartes-cadeaux, assez classiques, que la société Livrada fabriquerait. Le tout serait muni d'un code de téléchargement, qui permettrait de récupérer le livre numérique ultérieurement. Aucune information supplémentaire n'est encore donnée sur les modalités de mise en place de cette expérience pilote, pas plus que le nombre de librairies qui y prendraient part. 

 

Récemment, plusieurs voix s'étaient faites entendre dans le pays, pour réclamer une législation anti-Amazon, qui permettrait de protéger le marché du livre. Neuf maisons d'édition auraient alors pris contact avec le gouvernement pour présenter leurs doléances, et lui demander d'intervenir.

 

C'est que, très rapidement, Amazon aurait accaparé les parts de marché, en se taillant rapidement la part du du lion : entre mars 2012 et 2013, on estimait que 38 % du secteur appartenait à la firme de Seattle. Kobo ne détenait que 33 % et Sony 25,5 %.

 

En revanche, ce qui n'est pas très clair, dans cette histoire de consortium, c'est l'intention que les acteurs manifestent. Sauver les librairies de la concurrence pratiquée en ligne par Amazon, certes, mais si c'est uniquement avec des cartes-cadeaux prépayées, on comprend mal comment Amazon pourrait s'inquiéter de quoi que ce soit.