Le Japon réclame à son tour une législation "anti-Amazon"

Antoine Oury - 15.10.2013

Edition - International - Amazon - Japon - législation


Le "Amazon bashing" deviendrait un sport mondial, voire discipline aux Jeux olympiques : le Japon, pays où le géant du e-commerce s'est posé il y a moins d'un an, vient en tout cas de rejoindre la liste des pays qui réclament une législation pour protéger le marché du livre. Éditeurs et libraires font entendre leur voix pour que le gouvernement agisse et limite les pouvoirs du marchand de livres sur Internet.

 


Frankfurt Buchmesse

Amazon Publishing à la Foire du Livre de Francfort (ActuaLitté, CC BY-SA 2.0)

 

 

Le bureau d'analyse MM Research Institute est formel : en moins d'un an, Amazon aurait conquis près de 38,3 % du marché des ereaders au Japon, alors que sa présence survient bien après certains de ses concurrents, Sony en tête. D'après le Nikkei, neuf maisons d'édition seraient entrées en contact avec le gouvernement pour lui faire part de leur détresse face au géant américain.

 

La situation est un peu particulière, puisque ces maisons japonaises détiennent également des imprimeries et librairies, et ressentiraient donc un peu plus la pression commerciale d'Amazon, depuis son arrivée. 

 

D'après Hiroki Kamata, de chez E-book 2.0 Magazine, les grands groupes d'édition découvrent seulement à quel point les offres d'Amazon peuvent convaincre les consommateurs : « Le vieil écosystème interdépendant et surchargé des maisons d'édition, imprimeries, distributeurs et librairies japonais, mis en place il y a près de 120 ans, est trop complexe pour changer de l'intérieur. » Une rigueur structurelle qui serait la cause de ses maux depuis 1998, d'après le journaliste à la tête du magazine.

 

Ce n'est qu'en avril 2012, soit quelques mois avant l'arrivée d'Amazon, qu'a été mis en place le programme gouvernemental Digital Publishing Initiatives Japan, visant à numériser les fonds des maisons d'édition. Chaque groupe s'est d'ailleurs montré réticent, considérant que la distribution traditionnelle était une affaire qui roulait.

 

Les mesures demandées par les groupes d'édition seraient une taxation des ventes d'éditeurs numériques réalisées sur le sol japonais, ainsi qu'une autre, sur tous les ebooks téléchargés depuis un serveur localisé à l'étranger.

 

(via Iran Book News Agency)