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Le jeu de Ripper : Premier polar signé Isabel Allende

Julien Helmlinger - 28.01.2014

Edition - International - Isabel Allende - Roman policier - Réalisme magique


Comme le rapporte l'AFP, l'écrivaine chilienne Isabel Allende, après avoir signé une vingtaine de livres depuis La maison aux esprits, compte s'essayer au roman policier pour la première fois avec El juego de Ripper. Si l'auteure a désormais écoulé plus de 60.000 ouvrages dans le monde, traduits en 35 langues, elle conserverait toujours de la nostalgie pour l'innocence littéraire avec laquelle elle s'est lancée dans l'écriture.

 

 

 Crédits : Isabel Allende blog

 

 

Isabel Allende, qui vit aux États-Unis depuis 1993 et en a adopté la nationalité il y a une décennie, a publié son premier livre, le best-seller La maison aux esprits, en 1982. Depuis, l'écrivaine âgée de 71 ans a composé des romans, des essais, des mémoires, et se souvient de son exil au Venezuela. Elle devait écrire alors le matin, avant d'aller travailler.

 

Elle raconte : « À l'époque, je n'avais peur de rien, parce que je ne connaissais pas le monde des éditeurs, des agents et des contrats. Cette innocence je l'ai perdue. J'ai beaucoup de liberté pour écrire, mais je regrette celle de l'ignorant, de celui qui ne sait pas dans quoi il se lance. »

 

Son nouveau roman, Le jeu de Ripper, est paru en Espagne et Amérique Latine au début du mois de janvier. Il reste inédit en France et sort ce mardi en sa version anglaise. Il évoque le récit d'une ado, Amanda, adepte du jeu de rôle Ripper, qui se lance en 2012 dans une enquête à propos de crimes perpétrés à San Francisco. Pragmatique, le jeune personnage est opposé à sa mère Indiana, guérisseuse mystique.

 

Pour cette première aventure dans la littérature policière, Isabel Allende a assisté à une conférence dédiée aux écrivains du registre. « Les intervenants étaient des détectives, policiers, médecins légistes, experts en armes, et autre chimiste ayant parlé de poisons. Toute une gamme de gens qui pouvaient me donner de l'information. Cela m'a beaucoup aidée. »

 

N'ayant pas eu jusqu'à lors l'habitude de planifier ses écrits, l'auteure admet que la précision de la littérature policière lui aura posé des difficultés. « Les auteurs de ce genre de romans doivent avoir tous les éléments très organisés, car il faut installer toutes les clés de ce qui va se passer. Mais moi les plans ça ne me va pas. J'ai écrit 20 livres en 30 ans et je n'ai jamais pu faire un plan. »

 

Dans son roman, l'écrivaine entend rendre justice au genre, tout en y incluant des ingrédients de son propre style, comme des personnages nombreux et l'omniprésence de croyances new-age. Pour elle, le réalisme magique de Gabriel Garcia Marquez est un « style littéraire passé de mode. On m'accuse encore parfois de réalisme magique, mais la vérité est qu'on ne l'utilise plus. »

 

« Doit-on appeler réalisme magique l'acupuncture ou l'astrologie ? Je pense que non, car on la pratique ici tous les jours. C'est bizarre. Quand il s'agit de quelque chose qui se passe aux États-Unis, ce n'est pas du réalisme magique. Mais si la même chose se passe en Amérique Latine, alors cela devient du réalisme magique. Ce en quoi croient les Américains c'est de la religion, ce en quoi nous croyons est de la superstition... ».