Le Journal d'Anne Frank vandalisé : Le Japon arrête le coupable

Nicolas Gary - 14.03.2014

Edition - International - Anne Frank - Japon - bibliothèques


La police de Tokyo a annoncé qu'elle avait mis la main, le 7 mars, sur le responsable présumé des actes de vandalisme perpétrés dans différentes bibliothèques. Le Journal d'Anne Frank, et plusieurs ouvrages liés à ce témoignage, avaient été mutilés. Le coupable est un chômeur, qui aurait avoué son crime. Âgé de 36 ans, il vit dans la métropole nippone, et aurait pu sévir dans d'autres établissements concernés.

 

 


 

 

Le coupable est démasqué, les citoyens peuvent donc dormir tranquille. À ceci près que la police tente toujours de trouver les raisons qui ont poussé le suspect à agir. D'ailleurs, si ce dernier a reconnu certains actes de vandalisme, il n'a pas encore été établi qu'il était bien responsable de l'ensemble des dégradations. Son identité n'a par ailleurs pas été révélée, la police préférant protéger la personne, qui pourrait être déclarée irresponsable.

 

Plus de 300 exemplaires du Journal, ainsi que des parutions en lien avec ce livre (ouvrages de photographies, biographies, etc.), avaient été vandalisés. Tous évoquaient la persécution des nazis à l'encontre des juifs. Et l'on redoutait surtout que ce geste ne soit l'indicateur d'une vague d'antisémitisme dans le pays. Politiquement, le Japon connaît en effet un déplacement de l'opinion vers la droite, et la dégradation des livres donnait un indicateur inquiétant. La communauté juive n'est cependant pas particulièrement importante.

 

Pour compenser ces dégradations, l'ambassade d'Israël au Japon a fait don de 300 exemplaires aux bibliothèques touchées. 

 

L'homme a été repéré grâce au système de surveillance vidéo de l'une des bibliothèques. On le voyait aller et venir dans les sections dédiées à l'Holocauste, et dans chacun de ces endroits, des livres endommagés ont été retrouvés. Son ordinateur personnel et son téléphone portable ont été confisqués, dans l'espoir d'y trouver des éléments qui permettront de mieux comprendre son geste. 

 

Le 7 mars, l'homme s'était présenté dans une bibliothèque, pour déposer des affiches, sans avoir l'accord des responsables. Pour l'heure, l'homme ne revendique aucune conviction idéologique particulière, mais semble, selon les rapports de la police, mentalement assez instable. Ses déclarations seraient confuses, assurent les sources policières, et nécessitent une enquête plus poussée.