Le journal d'une jeune Polonaise, victime de l'Holocauste, bientôt publié

Antoine Oury - 13.09.2019

Edition - Les maisons - Renia Spiegel journal - journal victime holocauste - livre holocauste pologne


Resté pendant plus de 70 ans abrité dans un coffre-fort, le journal d'une jeune Polonaise assassinée en 1942 par les Nazis sera bientôt publié en anglais. Dans son récit, Renia Spiegel raconte les bombardements, la traque des familles juives, sa fuite du ghetto de Przemysl, en Pologne, ainsi que le quotidien, lorsqu'il faut vivre caché.

Portrait de Renia Spiegel
 

Renia Spiegel a écrit la première entrée de son journal à l'âge de 15 ans, et celui-ci se termine en juillet 1942, la matin du jour où la jeune fille, alors âgée de 18 ans, trouvera la mort, découverte dans sa cachette par un soldat nazi. À Przemysl, où l'armée allemande avait établi un ghetto pour les familles juives, Spiegel a vécu les bombardements et la disparition de certains de ses camarades et de leurs parents.

Elle raconte aussi dans son journal des moments de bonheur, fugaces, mais cruciaux, comme peuvent en vivre des adolescents : elle décrit ainsi ses sentiments pour un jeune homme, Zygmunt Schwarzer, avec lequel elle échangera un premier baiser quelques heures avant d'être abattue.

Schwarzer récupéra le journal de Renia Spiegel, qu'il conservera avec lui pendant plusieurs années avant de le remettre à Elizabeth, la sœur de Renia, et sa mère, Róża, les deux seules survivantes de la famille. « Ce fut une expérience très éprouvante », se rappelle Elizabeth, « c'était la première fois que ma mère et moi le voyions ».

Le journal fut conservé au sein de la famille, et n'aura été lu par quelqu'un d'extérieur qu'en 2012. L'idée de le proposer au monde entier a rapidement fait son chemin. Traduit en anglais par Anna Blasiak et Marta Dziurosz, le livre sera publié par Ebury sous le titre Renia’s Diary : A Young Girl’s Life in the Shadow of the Holocaust, après avoir été adapté en pièce de théâtre en Pologne.
 

Une personnalité unique


L'ouvrage n'a pas pu éviter la comparaison avec le Journal d'Anne Frank, auquel il fait évidemment penser, mais le récit de Spiegel ne doit pas rester dans l'ombre de cette fameuse référence, assure sa famille. Décrite comme « une jeune fille très discrète, perdue dans ses pensées » par sa petite sœur, Renia Spiegel voulait devenir poète à plein temps, une fois plus âgée.

« Elle était très intelligente », poursuit Elizabeth auprès de la BBC, « elle dominait le programme littéraire de sa classe. Elle était très, très gentille, extrêmement attentionnée. » Sa sœur admet n'avoir pu lire en entier le livre que récemment, très émue à la lecture de certaines pages, particulièrement poignantes.
 

« J'ai tellement peu vécu. Je ne veux pas mourir. J'ai peur de la mort. C'est tellement stupide, insignifiant, médiocre, petit. Aujourd'hui, je m'inquiète d'être peu présentable ; demain, je ne pourrais peut-être plus jamais penser », écrit la jeune fille le 7 juin 1942.

Le journal de Renia Spiegel a aussi fait l'objet d'un documentaire, Broken Dreams, réalisé par Tomasz Magierski.



Commentaires
Qui va le publier ? je suis très touché par cette nouvelle car j'ai moi même traduit le Journal d'un jeune juif hollandais lui aussi exceptionnel. "Carnets de clandestinité " chez Calmann Levy
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