Le Journal de Malcolm X toujours empêché de publication par sa famille

Antoine Oury - 28.02.2014

Edition - Les maisons - Malcolm X - Third World Press - journal


Le Journal de Malcolm X ne sortira visiblement pas des presses avant longtemps : la maison d'édition Third World Press attend toujours l'audience concernant une infraction du copyright opposée par la famille de l'activiste et homme politique. La date de cette dernière est fixée au 6 mars, à Manhattan. En attendant, l'éditeur se ronge les sangs.

 


 

 

X Legacy LLC, structure gestionnaire de l'héritage de Malcolm X, comprenant entre autres sa veuve Betty Shabazz, pourrait suite à cette audience prolonger une interdiction de publication qu'elle a opposée à l'éditeur Thrid World Press. Ce dernier avait publié 4.000 exemplaires de l'ouvrage, qu'il avait dû faire retirer suite à la plainte, bien qu'il assure avoir obtenu un contrat en bonne et due forme.

 

Haki R. Madhubuti, propriétaire de la maison d'édition, évoque des ventes déjà fortement touchées par l'action en justice. « Nous avons investi 135.000 $ dans cette publication. Aujourd'hui, nous avons perdu près de 100.000 $. Nous avons manqué les ventes de Hanukah, Noël, Kwanzaa, le jour de l'an, l'anniversaire de Martin Luther King et l'intégralité du Black History Month », souligne-t-il. Qu'il se rassure, si l'interdiction est levée, cela devrait assurer suffisamment de publicité pour rattraper le temps perdu...

 

Les documents inclus dans l'ouvrage renseignent sur les dernières années de Malcolm X, et ses rencontres avec nombre d'artistes ou d'activistes de la cause noire. La fille de Malcolm X, Ilyasah Al-Shabazz, est pourtant sur la liste des contributrices à l'ouvrage, mais une autre de ses filles, l'aînée, serait à l'origine de la plainte.

 

L'éditeur explique avoir été touché personnellement par l'affaire : « J'ai trouvé ma voie, étant plus jeune, en écoutant Malcolm. J'ai rencontré Mme Betty Shabazz dans les années 1970 et nous sommes devenus bons amis. Je me suis investi pour aider la famille. Quand j'ai reçu cette notification de retrait, je l'ai pris comme un direct dans l'estomac. Cette action en justice pourrait détruire Third World Press. »

 

 

 

(via Publisher's Weekly)