Le journal du Vatican traduit une tribune du Monde : Un scandale inexistant

Clément Solym - 21.08.2012

Edition - Société - Osservatore Romano - Patrick Kéchichia - Vatican


L'Osservatore Romano a pris la défense des évêques français, ce lundi d'après l'AFP, relativisant l'objet de la polémique suscitée par la prière de l'Assomption. Celle-ci préconisait aux fidèles de privilégier la famille traditionnelle dans leur choix de vie, mais n'injuriait en rien les droits individuels ou si peu.

 

 

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Cette prise de défense est passée par la traduction exceptionnelle en italien et en première page du journal de la tribune de Patrick Kéchichia pour Le Monde, qui dénonce des critiques disproportionnées. Petit rappel : Le 15 août dernier, les évêques catholiques français appelaient les fidèles à dire une prière interprétée comme une prise de position contre le programme du gouvernement socialiste, qui prévoit de légaliser le mariage et l'adoption d'enfants par les couples homosexuels.

 

La prière rédigée par André Vingt-Trois, l'archevêque de Paris, avait été prononcée pour la première fois mardi soir dernier, à la cathédrale Notre-Dame de Paris. Or, elle transmettait seulement l'idée suivante : « [...] pour que les enfants cessent d'être les objets des désirs et des conflits des adultes pour bénéficier pleinement de l'amour d'un père et d'une mère ». Un message d'apparence plus neutre. Mais implicitement celui-ci pourrait bien signifier que l'amour est le monopole des hétérosexuels. 

 

Elle « ne met en accusation personne, et sûrement pas les homosexuels » d'après Patrick Kéchichian, auteur d'un ouvrage intitulé Petit éloge du catholicisme, paru chez Gallimard en 2009. 

 

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Le Président du Conseil pontifical, Vincenzo Paglia, avait déjà réagi dans le même sens en réponse aux accusations d'homophobie adressées à l'institution religieuse, qui se retient désormais de fustiger les personnes du même sexe qui vivent ensemble,

 

« Personne ne veut nier les droits individuels ! » avait-il déclaré, mais l'Église ne cesse pas pour autant de juger une telle union de « désordonnée », et continue de prôner le mariage entre un homme et une femme.