Le juge confirme : l'emprisonnement de Michael Cohen relève de la censure

Gariépy Raphaël - 24.07.2020

Edition - Justice - Justice édition - Etats-Unis Trump - Livre censure Michael Cohen


Retourné en prison début juillet, l’ancien avocat de Donald Trump s’était retrouvé dans l’impossibilité de finir un livre à charge contre le président, et criait à la censure. Un juge a conclu que cette détention s’apparentait effectivement à des pressions de la part du gouvernement : il a donc permis à Michael Cohen de définitivement quitter sa cellule. 

Donald Trump

 
Voilà maintenant des mois que Michael Cohen, ancien avocat et soutien de Donald Trump, prépare un ouvrage à charge contre le président. Autrefois proches, ils se sont séparés après la mise en cause de l'homme de loi par la justice, en 2017. Accusé de corruption, Cohen affirme avoir agi sous les ordres du milliardaire et occupe désormais une grande partie de son temps à l’écriture de son manuscrit, qui raconterait son histoire et mettrait en cause son ex-client. 

En prison depuis 2 ans, il avait eu l’autorisation de rentrer chez lui en mai dernier en raison de la pandémie, et c’est à son domicile qu’il comptait terminer son ouvrage. Avec une publication fixée en septembre, il risquait fort de devenir une épine dans le pied du leader des républicains. Mais début juillet, il était renvoyé derrière les barreaux. Celui-ci aurait hésité à signer un accord qui l’aurait laissé libre, mais qui lui interdisait de publier son livre avant les élections de novembre. 

Hier, un juge a statué que la décision d'incarcérer Cohen s’apparentait à des pressions de la part du gouvernement et a ordonné sa remise en liberté. Il devrait revenir dans son appartement de Manhattan ce vendredi et retourner à son manuscrit inachevé.

 

Une charge contre l’administration Trump 


« Je conclus que la nature du transfert de M. Cohen d’une détention à domicile à la prison est une mesure de représailles », a ainsi déclaré le juge Alvin K. Hellerstein de la Cour fédérale du district de Manhattan. « Il s’agit de pressions à l'encontre de son désir d’exercer ses droits, en vertu du Premier Amendement, de publier un livre et de parler de tout ce qu’il veut dans cet ouvrage. »

Cette décision met en cause le gouvernement et accuse à demi-mot les autorités d’avoir utilisé le système pénal pour étouffer les droits à la liberté d’expression de l’un des ennemis de Trump. Sa libération a été soumise au juge Hellerstein quand ce proche de Trump a attaqué en justice les responsables de son emprisonnement, s'estimant victime de censure. 
Cohen affirme que l’écriture de son livre était connue de tous, puisqu’il avait parlé de son contenu avec les autorités de la prison. Provisoirement intitulé Déloyauté : la véritable histoire de Michael Cohen, ancien avocat personnel du président Donald J. Trump, l’ouvrage rapporterait certains propos racistes du président. Notamment des remarques antisémites à l’encontre d’éminents représentants de la communauté juive. Auquelles s'ajoutent des critiques virulentes contre des dirigeants noirs, comme le président Barack Obama ou Nelson Mandela.

L’accord proposé à Michael Cohen concernant sa mise en liberté précisait qu'il ne devait pas publier son livre ni s'exprimer dans la presse ou sur les réseaux sociaux, avant novembre. Le juge Hellerstein, dans sa décision, a souligné que ces mesures lui semblaient très inhabituelles : « En 21 ans passés à être juge et à condamner les gens et à examiner les conditions de la mise en liberté surveillée, je n’ai jamais vu une telle clause. »

Le gouvernement nie avoir conçu cet accord spécifiquement : l’agent de probation de Cohen, Adam Pakula, affirme d'ailleurs qu’il n’était pas au courant de l’existence du livre lorsqu’il en a rédigé les modalités. 

Via The New York Times 


Crédit photo : Gage Skidmore CC BY SA-2.0


Commentaires
On pourrait quand même préciser que M Cohen semble avoir une conception assez personnelle de ce que veut dire "détention à domicile", ce qui pourrait aussi avoir joué...
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