"Le K", collection entre fantastique et imaginaire

Clément Solym - 04.12.2012

Edition - Les maisons - collection - imaginaire - fantastique


Georges-Olivier Châteaureynaud et François Coupry sont tous deux directeurs de collection pour les éditions Pascal Galodé. Et voilà qu'à quelques pas des festivités annuelles, ils parlent de leur nouvelle collection, "Le K". Sous le haut et éminent patronat de Dino Buzzati, auteur d'une nouvelle éponyme. 

 

Le premier titre a été publié en avril dernier, une biographie de Bram Stoker, plongée dans l'ombre de Dracula, réalisée par Alain Pozzuoli. François Coupry a, de son côté, publié La femme du futur et autres contes paradoxaux. Et au même moment, Laurent Jouannaud faisait paraître Kafka : Suite. 

 

 

 

L'insolite, la fantaisie, le merveilleux, la fabuleux, le fantastique, l'irrationnel, le goût du faux, du jeu, du décalage sont des vertus dont la littérature académique, en France, se méfie, elle qui préfère s'arcbouter sur la psychologie sociale ou les épreuves subjectives soi-disant vécues. 

 

Ces vertus du merveilleux ne se retrouvent que dans des collections de «genre», codées, formatées, marginalisées comme le polar ou la S.F., et surtout dans une large part de la littérature dite «pour la jeunesse», où elles ont un impact de plus en plus fort, au même titre que certaines B.D., des dessins animés, les jeux numériques. 

 

Les enfants grandissent, arrêtent de lire, car ce que l'on propose est aux antipodes de leurs univers et des fictions de leurs univers. 

 

Il serait temps de remettre un peu de jeunesse dans la littérature dite «pour adulte». Et d'échapper, dans un monde qui devient international, à une tradition française où le fantastique, dans son sens le plus vaste, n'occupe qu'un strapontin, ce qui n'est pas le cas en d'autres cultures. 

 

Il est temps de créer une collection, une perspective éditoriale, qui ne se veut point marginale mais qui souhaite préciser sa spécificité dans la lignée de Poe, Kafka, Gogol, Boulgakov, Swift, Carroll, Tolkien, Borges, Buzzati, Calvino, Cortazar, Jarry, Vian, Ionesco : mieux ancrer le conte, l'insolite, l'étrange, le fabuleux dans la pensée de nos contemporains, en ce temps de crise où tout se remet en question. 

 

Ce 13 décembre, à la terrasse de Gutenberg, librairie du XIIe arrondissement, à Paris, les deux hommes invitent à une rencontre autour du thème, Le fantastique et l'imaginaire dans un réel en crise. 

 

Et l'occasion de retrouver Buzzati : « Ce que tu vois émerger de l'eau et qui nous suit n'est pas une chose, mais bel et bien un K. C'est le monstre que craignent tous les navigateurs de toutes les mers du monde. »