Le Kindle en France, la possibilité de faire exploser les ventes ?

Clément Solym - 28.09.2011

Edition - Economie - ebooks - flammarion - france


Alors que le premier groupe d'édition français Flammarion vient d'annoncer qu'il avait passé un accord avec Amazon pour la vente de ses livres numériques, la commercialisation des ebooks en Europe se poursuit.

Teresa Cremisi, pédégée de Flammarion estimait hier que le lancement de cette offre était « la meilleure façon de défendre le droit d’auteur face au piratage et de préserver la place centrale du livre dans notre culture.
Défendre donc nos auteurs, accompagner de nouvelles manières d’accéder aux livres, contribuer à la diffusion de la littérature, des idées et de la langue au-delà même des frontières : voici le but de notre travail autour de la diffusion numérique.
»

90 % de remises à attendre

Eh bien outre-Manche, la situation devient un peu plus tendue. Alors qu'en France, Flammarion nous assurait que les discussions avec Amazon « se sont faites sur des bases plutôt saines. Pour France, Amazon a fait preuve d'une certaine adaptation aux conditions du marché », le cybermarchand vient de demander aux éditeurs anglais d'effectuer des remises de 90 % sur certains titres, en vue de la campagne qui doit se dérouler du 17 au 31 octobre. (voir notre actualitté)

Des remises qui s'effectueront également sur le site amazon.de, qui commercialise en vente directe le Kindle depuis maintenant quelques mois.

Amazon a assuré qu'il ferait un tapage médiatique féroce, pour assurer une bonne visibilité à cette séance de soldes, qui a évidemment suscité de vives inquiétudes chez les éditeurs britanniques. Pour autant, les précédentes campagnes menées par le marchand de Seattle ont donné l'occasion à des ventes qui pour certains titres ont augmenté de 300 % assure-t-il. (voir The Bookseller)

Cependant, la situation serait intenable pour les maisons, qui n'aurait alors, sur les ventes numériques, plus aucun retour sur investissement, en travaillant avec des remises de 90 %, explique un éditeur resté anonyme.

Vers une leçon de marketing ?

Or, il serait tout à fait envisageable que ce type de situation se reproduise en France, attendu que la loi Prisunic, permettant que l'éditeur fixe le prix de vente et qu'il soit imposé à tous les revendeurs, n'interdit pas encore les opérations spéciales. Si un éditeur venait à décider de remiser une partie de son catalogue, il conviendrait alors à tous les revendeurs en ligne de s'aligner à toute vitesse...

La manoeuvre est d'autant plus habile qu'avec une opération de ce type menée en Angleterre, Amazon peut démontrer aux éditeurs français la faculté que son service Kindle peut avoir à démultiplier les ventes. Et puisque la sollicitation vient du marchand, mais qu'elle ne serait mise en place que par le truchement de l'éditeur, cela pourrait cadrer avec la loi Prisunic française...