Le Kindle en librairie : 'un coup de poignard déguisé en rameau d'olivier'

Clément Solym - 07.11.2013

Edition - Librairies - Amazon Source - Kindle en librairie - librairies indépendantes


Pas question de devenir une franchise d'Amazon. C'est en substance la réponse des libraires à l'offre Amazon Source, qui propose de commercialiser des Kindles dans leurs boutiques, et d'être rémunéré pour cela. La nouvelle diffusée hier sera parvenue à rendre tout le monde unanime : Amazon peut être drôle, et même, avoir de l'humour. 

 

 


Est-ce assez explicite ?

 

 

Pour séduire les libraires, et les inciter à vendre les appareils numériques du cybervendeur, deux programmes ont été en place : 

 

Bookseller Program : pour chaque livre Kindle acheté depuis un appareil Kindle, que l'on s'est procuré dans leur établissement, 10 % du prix sont reversés au libraire. Et ce, pour une période de deux années à compter de la date d'achat du matériel.

 

General Retail Program : Un rabais important est accordé pour l'achat d'appareil Kindle, mais pas d'intéressement sur les ventes. Et si un revendeur souhaite ne plus commercialiser le Kindle, Amazon rachètera l'intégralité du stock détenu depuis les six derniers mois, sans regimber. 

 

MPHBooks a recueilli une quinzaine de réactions de libraires, à travers les États-Unis, et les commentaires sont unanimes : « un coup de poignard déguisé en rameau d'olivier », une tentative pour franchiser les librairies indépendantes et les rendre... dépendantes d'Amazon. « Cette offre semble clairement malhonnête et c'est évidemment un Cheval de Troie, qui tente de recruter nos propres clients », ajoute un autre. 

 

Certains libraires tournent en dérision l'offre d'Amazon, et proposent d'inverser la tendance, en mettant en place un programme par lequel Amazon achèterait chez les indépendants ses livres, avec un pourcentage dérisoire reversé. Mais globalement, les réactions sont unanimes : attention à ne pas faire entrer le renard dans le poulailler, même si l'offre peut avoir quelque chose d'attirant. 

 

« C'est comme le type qui m'agressait à l'école, me volait mon argent pour le déjeuner, et m'invitait ensuite à m'asseoir pour partager une brique de chocolat au lait, et ne me donnait qu'une demi-goutte », voilà une belle conviction.