Le Labo de l'édition propose une aide à la création de start-ups

Antoine Oury - 11.12.2015

Edition - Economie - Labo de l'édition start-ups - formation création accélération - Nicolas Rodelet programme


Le Labo de l'édition invite tous les inventeurs, innovateurs et autres entrepreneurs à envoyer leur dossier pour un programme d'accélération pour l'aide à la création de startups qu'il inaugurera en janvier prochain. Une formation destinée aux équipes motivées, mais sans structure, qui s'échelonne sur 5 mois, avec un hébergement au sein du Labo de l'édition.

 

Nicolas Rodelet (Labo de l'édition) - Prix du livre numérique 2015

Nicolas Rodelet, à la remise du Prix du Livre numérique 2015 (ActuaLitté, CC BY Sa 2.0)

 

 

Cette formation inédite a été créée avec le concours de The Cantillon, un « accélérateur » qui propose des sessions courtes et intenses, en quelques mois, pour se remettre à niveau et préparer l'entrée sur le marché de sa société, de la recherche de clients à celle d'investisseurs à la gestion d'une équipe. Cette nouvelle formation, « destinée à toute personne portant ou souhaitant développer un projet innovant dans les domaines de l’Édition, des médias, du transmédia et des industries créatives », est donc particulièrement resserrée, sur 5 mois.

 

« Ce que l'on a constaté dans les candidatures que reçoit le Labo de l'édition, c'est qu'il y a beaucoup de projets qui sont présentés en amont de la création de la société, et que l'on ne pouvait pas héberger au Labo, car le programme d'amorçage ne prenait en compte des candidats qu'à partir de la constitution en entreprise », explique Nicolas Rodelet, responsable du programme du Labo de l'édition.

 

Paris&Co, société qui gère le Labo de l'édition, a récemment ouvert Le Cargo, un vaste espace d'incubation de start-ups situé dans les anciens entrepôts Macdonald au Nord-Est de Paris. « Nous en profitons pour faire passer les niveaux “amorçage” et “décollage” des start-ups au Cargo, afin de réserver le Labo à “l'accélération” », explique Nicolas Rodelet, en précisant que les sociétés peuvent toujours profiter des espaces du Labo pour leurs rendez-vous ou événements. « L'idée, c'est qu'à la fin de l'accélération, les équipes soient en mesure de créer la société de façon optimale, avec des clients potentiels, un ou des prototypes, des proof of concept, un petit capital. Sachant que nous pourrons aussi arriver à la conclusion, après les 5 mois, que le projet n'est pas viable. » 

 

Une fois les meilleures candidatures sélectionnées (il reste un peu moins d'un mois pour proposer la sienne), un « Bootcamp », le week-end des 15,16 et 17 janvier 2016, rassemblera une quarantaine de personnes au Labo, à la fois pour qu'elles se rencontrent et pour affiner la sélection des projets. Les meilleurs seront sélectionnés, et leur hébergement au Labo commencera : entre 6 et une dizaine de projets seront hébergés par promo, avec 2 promos par an.

 

« La formation est assez soutenue, et il est donc nécessaire qu'au moins une personne de l'équipe s'y consacre pleinement. Plus les gens sont investis, mieux c'est », souligne Nicolas Rodelet. La formation comprend une journée d'ateliers coaching par semaine, avec des exercices pratiques, sur le terrain, notamment pour la recherche de clients. « Les différents modules de ce programme vous formeront de façon très concrète : des outils de vente au design thinking, de la stratégie au branding de votre produit/service, mais également aux aspects financiers et juridiques », décrit le site du Labo.

 

Un environnement favorable aux start-ups

 

Il y a quelques semaines, l'AFDEL, Association française des éditeurs de logiciels et solutions internet, organisait son Forum de Tokyo, et évoquait, pour le secteur du livre, des opportunités manquées entre start-ups et maisons d'édition « traditionnelles ».

 

« Il manque un fonds sectoriel dédié à la culture et aux start-ups, comme il en existe dans la cybersécurité, par exemple. Si l’on considère que la défense de la culture française et de la diversité culturelle est un combat de premier ordre, alors il faut y mettre les moyens », analysait ainsi Loïc Rivière, délégué général de l'AFDEL.

 

À l'inverse, en 4 ans au Labo de l'édition, Nicolas Rodelet a assisté « à une vraie évolution, de ce point de vue ». « Nous venons de signer un partenariat avec les éditions Francis Lefebvre, éditeur juridique spécialisé en droit des entreprises, qui finance la partie événementielle du Labo et fait partie du comité de pilotage », signale Nicolas Rodelet, qui remarque « un vrai intérêt des acteurs du secteur ». Il souligne également la participation des maisons d'édition au hackathon BD de l'année dernière, ou des titres de presse (Le Monde, Les Échos, L'Équipe, Le Parisien...) à celui qui aura lieu ce week-end.

 

« Tout le monde a compris qu'il était nécessaire de maîtriser toutes les étapes de la numérisation », note Nicolas Rodelet, « et l'on voit désormais passer de nombreux projets avec des acteurs de l'édition “traditionnelle” qui quittent leur groupe pour monter un projet de leur côté, comme Librinova, par exemple ».