Le lauréat d'un prix de poésie confondu pour son plagiat

Nicolas Gary - 15.01.2013

Edition - International - prix de poésie - plagiat - cerf


Il n'avait bien entendu aucune intention de plagier délibérément, mais le poète Christian Ward a pourtant bien été pris la main dans le pot à cookies. Dans son texte The Deer at Exmoor, on retrouve presque mot à mot, les paroles d'un autre poème d'Helen Mort. Pas glop, comme dirait Pifou.

 

 

Deer and swallow

Le plagiat ? ça cerf à rien

Mark Bridge, (CC BY-NC-ND 2.0)

 

 

Le prix de poésie qui a mis l'accent sur le poème de Ward lui a été remis récemment, sauf qu'après coup, les organisateurs du Exmoor Society's Hope Bourne, ont découvert le pot au roses. Les similitudes, dévoilées par le journal Western Morning News sont sans appel : on retrouve bien les paroles de Deer, le texte d'Helen Mort, dans l'oeuvre de Ward. 

 

Seuls quelques mots diffèrent, et un bref passage de deux vers : de quoi faire bramer [NdlR : deer désigne un cerf]. La plagiée n'a d'ailleurs pas tardé à faire savoir qu'elle appréciait assez moyennement l'hommage, dégainant sur Twitter un petit mot d'amour :

 

 

 

Flattée, certes, mais pas assez pour accepter que l'on pille son propre ouvrage, repris jusque dans le rythme des strophes : trop, c'est trop. 

 

« Je suis désolé de ce qui s'est passé et fais amende honorable. Cet incident relève de mon entière responsabilité et j'accepte pleinement les conséquences de mes actes. Je m'excuse auprès de l'Exmoor Society, d'Helen Mort et de la communauté de la poésie et des lecteurs du WMN », a rapidement répondu le fautif. (via Guardian)

 

Il assure être actuellement en train de réviser ses autres textes, pour s'assurer qu'ils ne contiennent pas d'erreurs similaires. « Je souhaite être aussi honnête que possible avec les lecteurs de poésie et je sais qu'il faudra un temps certain pour reconquérir leur confiance », conclut-il. 

 

On pourra toujours le renvoyer au texte d'Anatole France : 

 

Au sein des bois sacrés, le temps coule limpide, 

La peur est ignorée et la mort est rapide ; 

Aucun être n'existe ou ne périt en vain. 

Et le vainqueur sanglant qui brame à la lumière, 

Et que suit désormais la biche douce et fière, 

A les reins et le coeur bons pour l'oeuvre divin.

 

ou encore l'inviter à chanter que lui aussi aime le son du cor le soir au fond des bois...