Le libraire belge Filigrane boycotte le fantôme de Breivik

Clément Solym - 12.09.2012

Edition - Librairies - Breivik - Filigrane - Belgique


La plus grande librairie de Belgique Filigrane, a décidé ce matin d'après l'AFP, de renvoyer son stock de Langue fantôme suivi d'Éloge littéraire d'Anders Breivik. Choqué par l'ouvrage de Richard Millet, qui voudrait se faire passer pour un pamphlet de Céline, la librairie a choisi le boycotte. « C'est la première fois au cours de 29 années de carrière que je prends une telle décision », explique Marc Filipson, le directeur du magasin.

 

 

 

 

« Ce matin, j'ai ordonné le renvoi de toutes les copies de l'ouvrage de Richard Millet […] Nous saluons, à l'instar de dizaines d'auteurs, l'article de l'écrivaine Annie Ernaux dans Le Monde, qui dénonce sa “[...] apologie de la violence sous prétexte de chercher à rendre compte de ses actes sous le seul angle de leur beauté littéraire, actes de celui qui n'a pas hésité à tuer froidement 77 personnes en 2011 en Norvège” ».

 

D'après les fans de la page facebook qui est suivie par 15 000 abonnés, c'est faire trop d'honneur à Richard Millet que de le boycotter, ces derniers ont partagé 100 fois le lien sur le réseau social. Mais une responsable des ventes du magasin affirme que seuls « 3 exemplaires de l'Eloge ont été commercialisés » jusqu'à aujourd'hui. Les éditions Pierre Guillaume de Roux n'auront donc pas profité du buzz polémique en Belgique.

 

Le libraire belge basé à Bruxelles qui possède 5 librairies dans le pays, se range du côté d'auteurs illustres tels que Tahar Ben Jelloun ou encore Le Clézio « L'idée que Richard Millet est toujours éditeur chez Gallimard me fait froid dans le dos " ajoute-t-il. Et en effet, Antoine Gallimard avait soutenu son éditeur en vertu de la liberté d'expression (voir notre actualitté).

  

C'est que Richard Millet est l'auteur d'une cinquantaine de livres et s'est distingué par le passé en tant qu'éditeur en publiant le Goncourt 2006, Jonathan Littell, et Alexis Jenni en 2011. Il voit par ailleurs en Breivik « un enfant de la ruine familiale, autant que de la fracture idéologico-raciale, qu'une immigration extra-européenne aurait introduite en Europe »