Le libraire Borders proche de la faillite

Clément Solym - 14.02.2011

Edition - Economie - librairie - chaine - borders


La faillite de la chaîne de librairies Borders est au centre des attentions depuis des semaines. Alors que début janvier, Borders a annoncé un retard de paiement pour ses fournisseurs, depuis lors, les questions se multiplient. Et pourtant, le retard de règlement s'est prolongé sur le mois de février...

Malgré une facilité de crédit de 550 millions $ obtenue fin janvier, le sort des librairies Borders est complexe et si la faillite devait intervenir cette semaine, personne n'en serait trop étonné. Avec un passif de près d'un milliard de dollars, la chaîne est dans une fâcheuse posture. Les actions ont plongé vendredi de 32 %, après la fermeture de la Bourse de Wall Street et les perspectives d'insolvabilité grandissent.

Avec 674 magasins à travers le pays, et 19.500 emplois, la situation de Borders empire. Voilà un peu plus d'un an, une première vague de licenciement de 1100 emplois avait eu lieu.

En cause, selon certaines analyses, l'incapacité que la chaîne a montrée dans le domaine numérique. N'ayant pas développé d'offre comme Barnes & Noble, calquée sur celle d'Amazon, Borders a pris beaucoup de retard sur plusieurs aspects essentiels de la vie du livre.

Selon le Wall Street Journal, et d'autres sources citées par l'Associated Press, aujourd'hui ou demain, la chaîne devrait faire une déclaration officielle, pour présenter sa situation. Les mutations de l'industrie du livre - notamment avec le déplacement régulier des achats directement en ligne - auront fait du tort à Borders.

Une faillite qui n'aurait rien de bon pour le marché américain - et qui se répercuterait évidemment sur le reste du monde. Un analyste, avait tout bonnement prévu une situation désastreuse : « Si la chaîne de librairies venait à fermer, cela porterait un coup funeste... la chaîne de valeur serait durement impactée. » (notre actualitté)

Début janvier, les pertes pour les éditeurs se chiffraient entre 5 et 10 millions de dollars... Et ce, uniquement pour les grands groupes... En prolongeant le retard de paiement, le libraire avait assuré  : « Ce délai est destiné à aider l'entreprise à maintenir son stock de liquidité, tandis qu'il tente de compléter son refinancement ou de restructurer ses actuelles facilités de crédit actuelles... »