Le libraire Decitre à Lyon encaisse une grève jamais vue

Clément Solym - 20.05.2008

Edition - Société - Decitre - Lyon - grève


On apprend à l'instant qu'à Lyon et sous l'impulsion du syndicat CGT qui est un nouveau venu dans l'entreprise, les salariés de Decitre étaient invités à une grève ce matin. Pourtant dans l'entreprise familiale, qui a célébré son siècle d'existence n'a jamais eu à affronter une telle revendication.

Grève historique

Cinquante salariés se massaient donc ce matin à 9 heures à l'entrée du magasin situé place Bellecour. Principale dénonciation : des augmentations trop faibles, alors que la grille des salaires avait été revue en février dernier, mais qui sont motivées « à la tête du client » et « un manque de respect ». Selon une employée, « dans notre contrat, il est inscrit une clause de mobilité. Mais la direction en use et en abuse pour éloigner des salariés qui dérangent ».

Selon un autre témoignage, une employée serait menacée de licenciement pour avoir alerté sa direction d'un harcèlement moral. « On nous demande un service d'excellence, mais payé quelques euros de plus que le SMIC, alors que nous sommes tous bac +3 ou +4. À la fin de l'année, la direction nous a dit que si Decitre était la librairie qui s'en sortait le mieux de tout le secteur, c'était grâce à nous. Nous attendons des actes ! », proteste une employée de Saint-Genis-Laval.

La direction reste calme

Mais du côté du directorat, on ne s'affole pas. Ce mouvement serait le fait d'une minorité, sur les 400 employés et une augmentation de 3,5 % vient d'être conclue, explique Guillaume Decitre, directeur général. « Nous avons appris cette grève aujourd'hui », conclut-il.

Une déléguée syndicale CGT conteste l'accord. « Je n'ai pas signé cet accord qui a abouti à des augmentations à la tête du client et bien trop faibles. » Et de dénoncer de surcroît une certaine hypocrisie, car pour « la grève, la direction était au courant dès la fin de semaine dernière puisqu'elle a fait des entretiens individuels pour dissuader certaines personnes de faire grève ».