Le libraire Nicholas Hoare ferme boutique à Toronto

Xavier S. Thomann - 20.02.2013

Edition - Librairies - Nicholas Hoare - Toronto - Librairie indépendante


La librairie de Nicholas Hoare à Toronto fermera ses portes le 1er avril, et ce n'est pas une blague. Avant d'accuser Amazon et Cie, il convient de considérer les véritables raisons de cette fermeture. Le propriétaire approche des 70 ans et a décidé de raccrocher, profitant de la possibilité qui s'offre à lui de ne pas renouveler le bail. Comme quoi, les fermetures se suivent, mais ne se ressemblent pas forcément. 

 

 

Nicholas Hoare

PinkMoose, CC BY 2.0

 

 

C'est pourtant un coup dur pour le monde de la librairie au Canada. La librairie faisait figure de symbole dans le paysage des vendeurs indépendants. C'est donc la fin d'une aventure de 42 ans, période durant laquelle la librairie avait conquis de nombreux lecteurs. Et certains se désolent de cette fermeture. 

 

Carolyn Wood, présidente de l'association des éditeurs canadiens a déclaré qu'e ce n'était pas « une bonne nouvelle du tout », avant d'ajouter, « c'est un si beau magasin ». Cette fermeture n'est toutefois pas une surprise absolue, dans la mesure où les deux autres librairies de Nicholas Hoare, de Montréal et d'Ottawa avaient déjà baissé le rideau l'année dernière (en raison de la hausse des loyers).

 

Le libraire a quant à lui expliqué : « Bien sûr je suis triste, mais, en même temps, le magasin a eu une action très positive, pour tout le monde. » Un choix de vie certes, mais aussi une pointe d'amertume que l'on trouve dans les propos de son équipe qui lui rend hommage sur le blog de la librairie : « C'est la fin d'un âge d'or de la librairie, dans trois villes différentes, avec à chaque fois une personnalité propre, son style et ses goûts. »

 

En regardant les images de la librairie, on comprend bien la tristesse des clients. C'est un lieu à la fois élégant et chaleureux, on découvre l'hôte en costume brillant, la cravate bien nouée. Les beaux fauteuils en cuir devaient aussi faire le bonheur des lecteurs. 

 

Du coup, on se demande quand même ce qui a empêché la librairie de poursuivre son activité avec un autre propriétaire. Mais aucune explication convaincante n'a été avancée pour le moment.