Le libraire Waterstone dévoile une stratégie nouvelle

Cécile Mazin - 10.02.2013

Edition - Librairies - waterstone - librairies - James Daunt


James Daunt fut nommé pour opérer une grande modification dans la structure de la chaîne de librairies Waterstone, avec un classement spécifique, qui se détacherait de la situation géographique. C'était une quarantaine de groupes qui était prévue, en octobre 2011, distinguée selon leur taille et le statut socio-économique de leurs clients. Avec une perte de 37,3 millions £ sur ses derniers résultats financiers, la firme a annoncé la mise en place de son programme. 

 

 

Waterstone's - 24 - 26 High Street, Birmingham

ell brown, (CC BY 2.0)

 

 

La restructuration devait s'achever en fin d'année dernière, mais n'accuse finalement pas un grand retard dans cette opération. James Daunt, l'actuel patron, a dévoilé dans un courrier dont The Bookseller fait état, les projets de cette année 2013. 

 

Ainsi, ce sont 11 zones différentes qui ont été déterminées, avec 58 groupes distincts, chacun disposant de cinq ou six magasins à gérer. « Ils assureront la liaison la plus étroite possible, bien plus qu'à ce jour, avec la centrale commerciale et opérationnelle de la société, à la fois pour structurer et communiquer sur les initiatives et les normes », assure James Daunt. 

 

Chaque groupe aura à sa tête un responsable, sur lequel reposera tout l'avenir de cette évolution, avec bien entendu un système de prime permettant de partager les bons résultats et les succès. En revanche, cette année, personne ne touchera de bonus « pour des raisons, dont j'espère qu'elles sont évidentes », souligne le patron. 

 

Cette nouvelle structure devrait avoir un potentiel énorme pour exploiter la passion que les salariés entretiennent vis-à-vis de leur profession, « et si nous y parvenons, Waterstone est assuré de prospérer ». 

 

Depuis juin 2011, la chaîne Waterstone a été entièrement rachetée par Alexandre Mamut, le financier et crésus russe. « Certes, en interne comme en externe, dans une grande mesure, Alexandre Mamut a sauvé l'entreprise. [...] Beaucoup de choses sont arrivées, qui étaient mauvaises pour l'entreprise. On constatait un manque d'attention, une concentration trop grande sur les parts de marché et pas assez sur la marge. Nous étions une entreprise qui était en chute libre », poursuit Daunt. 

 

Si la situation est complexe pour la librairie britannique, le pari d'un redressement fort devrait apporter une nécessaire évolution. « C'est un pari que je suis très heureux de faire, et, manifestement, Alexandre Mamut aussi. C'est un réveil devant le miroir, où l'on décide de balancer sa bouteille de whisky et de se regarder en face et de voir la réalité. » 

 

La décision de Daunt n'est d'ailleurs pas de réorienter sa stratégie vers le livre numérique, comme ce peut être le cas pour l'Américain Barnes & Noble, qui a axé sa politique sur le livre numérique. Selon Daunt, les ventes d'ebooks et de lecteurs ebook vont commencer à ralentir : inutile donc de tout miser sur ce point. Quitte à parier...