Le librairie-sitting éveille des vocations

Clément Solym - 06.09.2012

Edition - Librairies - Baby-sitter - animaux - librairie


Récemment la librairie Tales of the Lonesome Pine, située dans la ville de Big Stone Gap en Virginie, a diffusé une offre d'emploi d'un nouveau genre (voir notre actualitté). Les gérants espèrent bien trouver quelqu'un pour tenir la boutique et prendre soin de leurs animaux de compagnie, deux mois durant, en échange du gîte et de quelques pizzas. À deux semaines du début du contrat, il est temps de faire le point quant aux retours obtenus par la petite annonce. 

 

 

 

(Collaborateur à poil dur, source : blog de Wendy Welch) 

 

 

Alors qu'il ne reste plus que jusqu'à vendredi pour soumettre les éventuelles candidatures sur le blog des propriétaires, Wendy Welch et Jack Beck ont déjà annoncé qu'ils ne pourraient pas répondre à toutes les sollicitations. L'opération semble donc bien partie pour être un succès, qui permettra au couple de passer les mois d'octobre et de novembre sur la route à l'occasion de la promotion du livre de Wendy Welch : The Little Bookstore of Big Stone Gap.

 

« Nous avons eu plus d'une centaine de demandes de partout dans le monde. Depuis la Suède, la France, la Nouvelle-Zélande ... » a confié Jack Beck.

 

Il faut dire que l'opération a été relayée sur de nombreux sites internet comme NPR, le Los Angeles Times, ou encore Shelf-Awareness. Si la plupart des médias ont salué l'initiative comme « charmante », tout le monde n'est pas séduit par cette idée.

 

Ainsi, Scott Brown, un des propriétaires de la librairie californienne Eureka Books, n'est pas favorable à l'idée de laisser une boutique entre les mains d'un bénévole, et contredit l'argumentaire du couple. Il a déclaré : « Si au bout de cinq ans, vous ne vendez pas assez de livres pour vous payer, et encore moins un employé, et vous devez obtenir un poste d'enseignant pour les avantages, vous n'êtes pas des libraires, vous êtes des amateurs. »

 

Tandis que sur son blog, Wendy Welch compare le métier de libraire à celui de nonnes et de moines, Scott Brown a rebondi : « Je rejette l'idée que d'entrer dans la librairie doit être envisagée comme un vœu de pauvreté. [...] L'activité engendre salaires, avantages pour la santé, congés payés, et une contribution de la retraite, tout comme pour un publiciste, un directeur marketing, etc. Ils ne travaillent pas seulement pour l'amour. »

 

Browns dénonce finalement la vision du servage à la mode des gérants de Tales of the Lonesome Pine comme « une vue insultante et une faillite intellectuelle. »

 

Deux librairies comme entre chiens et chats...