Le livre a deux ans, la CIA poursuit son auteur, ancien agent

Clément Solym - 20.10.2010

Edition - Justice - justice - cia - agent


Le livre a été publié voilà deux ans, mais le temps que la CIA fnisse de le lire et décide de ce qu'il fallait faire... Ah, les joies et bonheurs de l'administration !

Parce qu'un vétéran de la CIA qui a travaillé durant 20 ans pour l'agence a fait paraître en 2008 un livre racontant les coulisses de l'agence de renseignement américain, soudain, tout le monde se réveille. « Le livre ne contient aucune information classée et je n'en tire aucun profit », explique Ishmael Jones, un nom de plume.

Alors, pourquoi s'en prendre ce livre ? « Les censeurs de la CIA attaquent cet ouvrage, car il présente la CIA comme un lieu qui s'enrichit, avec des milliards de dollars venant du contribuable, gaspillés ou dilapidés pour des programmes d'espionnage qui ne rapportent rien. »

Reste que The Human Factor: Inside the CIA's Dysfunctional Intelligence Culture, est dnas une fâcheuse posture. Parce que l'Agence rappelle son code moral, qui précise bien qu'aucun agent ne peut divulguer quoi que ce soit en rapport avec les secrets qu'il peut découvrir dans l'agence. Et les termes de ce contrat doivent être scrupuleusement respectés. « Ce procès renforce clairement ce message », assure le directeur de la CIA, Leon Panetta.

Dans un communiqué diffusé par l'Agence, on apprend qu'Ishmael aurait en fait publié le livre sans en parler. Alors que toute publication faisant état de près ou de loin des activités de la CIA doit être soumise à une lecture préalable, pour examen. En publiant de la sorte, et sans soumettre le livre, Ishmael risquait évidemment de divulguer d'informations classées.

Cette procédure a, on s'en doute, fait illico augmenter les ventes dans le classement Amazon et déjà, le livre commence à jouir d'une certaine notoriété. Sachant qu'Ismael assure avoir changé les noms des personnes mentionnées dans le livre, signé avec un pseudonyme, définitivement la pertinence d'une telle action avec ce retard, est pour le moins étrange.

Pour Steven Aftergood, ce procès est tout bonnement une erreur stratégique. Cet expert des questions de sécurité et de secrets estime qu'avec une telle procédure, relayée si amplement dans la presse, la CIA va simplement faire d'un auteur obscur, un nouveau héros et un écrivain de best-seller...