Le livre a perdu 7% de ses emplois entre 2011 et 2013

Camille Cornu - 27.11.2015

Edition - Economie - industries créatives - EY-France creative - édition livre


Le 2e Panorama EY-France Creative souligne la croissance et le poids de l’économie des Industries de culture et de la création (ICC) en France. Les dix secteurs analysés (arts visuels, spectacle vivant, cinéma, télévision, radio, jeu vidéo, livre, presse, publicité et communication) ont représenté, en 2013, 83,6 milliards € et 1,3 million d’emplois. L’étude se penche notamment sur la transformation du secteur de l’économie culturelle suite à l’arrivée des acteurs numériques, ainsi que l'entrée des GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon), qui a généré des tensions dans les circuits traditionnels de financement de la création. 

 

 

Les revenus de l'industrie du livre, en 2013

 

 

« Les industries culturelles et créatives restent une force indéniable de l’économie française. Nos créateurs, producteurs, techniciens et entrepreneurs rayonnent à l’international et sont autant d’ambassadeurs de l’attractivité de la France », a assuré Marc Lhermitte, coauteur de l'étude pour Ernst & Young Advisory. 

 

L'étude a été réalisé avec des données récoltées auprès des syndicats professionnels dont le SNE et portent sur l'année 2013. Le panorama conclut effectivement à une augmentation de 1,2 % des revenus par rapport à la première étude publiée, en 2013. Le secteur des ICC a ainsi connu une croissance supérieure au reste de l'économie française, de 0,9 %.

 

Dans une présentation de l'étude, Manuel Valls a souhaité rappeler le rôle des industries culturelles et créatives dans « nos exportations et nos influences ». En effet, les exportations d'industries culturelles ont rapporté en 2013 2,7 milliards d'euros, soit 3,2 % des revenus des ICC. Le livre fait partie des ICC les plus exportatrices, avec 12 % des revenus de la filière, soit 689 millions d'euros.

 

Les ventes de livres ont diminué de 4,1%

 

Les revenus directs de l'industrie du livre accusent une certaine baisse, mais les revenus connexes, notamment liées à la vente de supports de lecture numérique, permettent au livre de continuer à générer du profit. 

 

Concernant le marché du livre, si le nombre de titres augmente, les ventes baissent. La baisse généralisée des ventes touche presque toutes les catégories de livres, à l’exception des BD et mangas (+ 1,4%) et des livres parascolaires (+1,3%). Entre 2011 et 2013, les ventes de livres ont diminué de 4,1%. Le temps accordé à la lecture a diminué de 7 minutes entre 2012 et 2013, et le budget annuel moyen accordé à l’achat de livres physiques a diminué de 1,7 € pour atteindre 81,2 € en 2013.

 

En termes d'emploi, l'industrie du livre a également connu une baisse de 10%, ce qui s'expliquerait par une diminution du rôle des distributeurs physiques, mais on note également une diminution de 24 % du nombre d'auteurs et de traducteurs littéraires, signe d'une précarité grandissante.

 

 

Le livre numérique ne permet pas de compenser les pertes du livre physique

 

Avec une augmentation de 29 % en 2013, les ventes d’e-book ont décollé pour atteindre 105 millions d’euros, soit une augmentation de 40% en deux ans. Sur la même période, le taux de lecture numérique a triplé, passant de 5 à 15%. Néanmoins, l’augmentation des ventes numériques (+ 24 millions d’euros entre 2012 et 2013) ne comble pas les pertes enregistrées dans le domaine des livres physiques, qui sont de l’ordre de 254 millions d’euros.

 

 La diffusion de ce que nous créons se fait de plus en plus par le numérique, et la culture favorise le numérique. Pour autant, il s’agit d’être attentif à ce qu’elle développe avec des opérateurs citoyens et restons très vigilants avec ceux offshore qui ont une politique très commerciale souvent non citoyenne et laissant croire qu’ils peuvent s’abstraire des opérateurs de la création. Quand ils auront tué les différents acteurs de la chaîne (libraires, éditeurs…) il n’y aura plus d’espace pour les auteurs et les artistes, et la création sera menacée. Françoise Nyssen, présidente du directoire d'Actes-Sud

 

A court terme, la lecture numérique ne semble pas en mesure de concurrencer le papier : en effet, 85% des Français préfèrent toujours lire en format papier. 

 

Les librairies menacées par les autres circuits de distribution

 

En 2013, les librairies représentaient 22% des achats de livres. La France possède un des plus grands réseaux de librairies, animé par 25.000 points de vente. Néanmoins, les plateformes de ventes de livres sur internet fragilisent la chaîne de distribution et les intermédiaires traditionnels par « des stratégies de conquête de parts de marché agressives ». Les libraires sont les premiers touchés avec une diminution du nombre d’emplois de 2 % entre 2011 et 2013. L’année 2013 a également été marquée par la faillite de deux grands distributeurs généralistes, Virgin Megastore et Chapitre

 

 

 

  2ème Panorama EY-France Creative sur les Industries de culture et de la création (ICC) en France