Le livre au Vietnam panique-t-il face aux éditeurs étrangers ?

Clément Solym - 30.06.2008

Edition - Société - livre - edition - Vietnam


Le Vietnam fait partie des pays qui ont connu une très forte augmentation de l'achat de livres en ligne l'an dernier mais depuis que la loi sur l'édition a été modifiée et amendée, l'invasion de livres étrangers pourrait commencer sur le territoire. Et nuire aux maisons locales.

Pour le directeur de Bach Viêt portant, pas de raisons de s'inquiéter, mais au contraire, « se concentrer sur nos propres avantages. Les maisons d'édition vietnamiennes sont plus à même de comprendre les lecteurs vietnamiens et de les satisfaire ».

Pour autant, le Vietnam angoisse. Dans les manifestations internationales, sa place est souvent mineure, et cette concurrence nouvelle bouscule un marché peu préparé aux géants. Quelque six maisons sont déjà installées. Pourtant, si la Foire du livre d'Hanoï avait attiré 28 éditeurs étrangers en 2005, celle d'Hô Chi Minh-Ville cette année en a vu 23 seulement.

C'est que le marché commence à intéresser, et les jeunes se tournent plus volontiers vers d'autres cultures, pour découvrir le monde. Or, si les éditeurs peuvent faire croître leur marché, protéger les droits et publier..., elles n'ont pas celui de faire du commerce. Alors, certains éditent des livres en anglais dans le pays, pour réduire leurs coûts. La seule manière d'entrer sur le marché, explique le directeur de Fahasa.

Concernant la publication, les maisons locales n'envisagent pas non plus de partenariats avec des maisons étrangères : les coûts seraient justement trop élevés. Pourtant, l'effort d'adaptation sera inévitable, mais se fera naturellement selon le créateur de Tri Thuc. Bien sûr les plus faibles seront mises hors course. Mais c'est la loi du marché et de la jungle.