Le livre de demain est mort : mise en terre ce 9 juillet

Nicolas Gary - 05.07.2018

Edition - Economie - mort livre demain - réforme régime auteur - fiscalité auteurs réforme


Orelsan en son temps chantait la mort du disque. Les auteurs déplorent aujourd’hui la mort du livre de demain. Bien triste nouvelle, puisque c’est un enterrement qui se tiendra ce 9 juillet à 13h30. Toute personne ayant lu, ou aimé un jour un livre, est invitée à venir se recueillir.

 

Mort du livre

 

À l’initiative de Beaumarchais, Honoré de Balzac, mais également Victor Hugo ou George Sand, les organisations d’auteurs invitent toute personne pour qui les livres comptent à se retrouver dans les jardins du Palais Royal. Ce 9 juillet, à 13h30, une cérémonie se tiendra pour enterrer « le livre de demain ».

 

Ainsi, La Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse, la Société des Gens de Lettres, l’Association des traducteurs littéraires de France, le groupement des auteurs BD du SNAC « ont la douleur de vous faire part du décès prématuré du livre de demain ». Un tragique événement « survenu sous le quinquennat d’Emmanuel Macron ». 

 

Cette mise en terre sera suivie « de la première réunion de concertation avec les services des Affaires sociales et de la Culture ». 

 

Réforme du statut des auteurs : ne rien lâcher
 

On le comprend, cette cérémonie est avant tout une nouvelle tentative de la part des organisations d’auteurs pour tenter de faire bouger le gouvernement sur la question des régimes fiscal et social des auteurs. 


Mort du livre

 

Selon les données du baromètre SCAM/SGDL de mars 2018, seuls 34,7 % des auteurs publiés tirent leurs revenus du seul métier d’auteur. Les autres ont un autre métier, pour vivre. Or, pour 21 % des auteurs, les droits d’auteurs (revenus de la vente) ou droits annexes (lectures, etc.) représentent plus de trois quart de leurs revenus.

 

Les réformes envisagées doivent conduire à de nombreuses hausses de cotisations (retraite complémentaire obligatoire 8 %, prélèvement irréaliste des impôts à la source, etc.). On trouvera réalisé par le SNAC BD un panorama complet, à cette heure, des avancées, des points résolus et des éléments toujours flous. Et ce, alors même la situation économique des artistes auteurs reste majoritairement précaire. En effet, la crainte, en cet instant, reste que les spécificités des artistes auteurs continuent à ne pas être prises en compte, comme la CSG entraînant des dommages collatéraux non anticipés. 

 

Ce happening réagit notamment aux propos de Denis Bajram dans nos colonnes. Le scénariste et dessinateur expliquait en effet que, demain, « il y aura une catastrophe ».

 

Les artistes sont autant menacés par les réformes que les auteurs. Quid de l’inventivité de notre industrie du luxe ? De l’automobile ? Et notre attractivité touristique ? Peut-elle survivre à un effondrement culturel du pays ? Bref, c’est toute la « french touch » économique qui vit des recherches menées à faible coût par les artistes et les auteurs. Nous sommes les premiers de cordée de toute cette réussite créative. Si nous tombons, tout le monde tombera avec nous.

 

Mort du livre

 

Soucieux de maintenir la pression pour obtenir un véritable statut respectueux de la spécificité de leur métier, les auteurs poursuivent leur mobilisation. Toutefois, on reconnaît que la rencontre prévue le 9 juillet apportera « un véritable progrès, attendu qu’il n’y avait jamais eu de vraie concertation ». 
 

Jack Lang : l'exception culturelle
“vaut aussi pour les artistes auteurs”

 

« En même temps, la situation est tellement grave, qu’il était temps qu’ils réagissent. Avec ce happening, on veut montrer aux pouvoirs publics ce qui pourrait arriver avec cette réforme. Sans statut spécifique, on ne comprend pas comment il est possible de s’en sortir », relève-t-on.

 

« Sinon, comme le dit Joann Sfar, autant acter tout de suite qu’auteur n’est pas un métier. »




Commentaires

je n'ai pas de métier, je suis dessinateur...
Bonjour, il n'y a pas de "s" au prénom de George Sand
Eh bien non Julia, il ne faut pas de S au prénom George quand c'est celui de Madame Sand.
Et il en va de même lorsqu'il s'agit d'un prénom étranger : George Bernard Shaw
Dommage que ne soient pas associées les auteures, les lectrices, les traductrices, illustratrices...
Je comprends la démarche de protestation mais elle n'est pas constructive. Elle est négative et au final désespérante. Ça file le bourdon. Ce dont les auteurs ont besoin c'est de dynamisme, d'énergie et d'actions positives. Le grand public pense que les auteurs et plus largement les artistes sont riches. Ce qui est loin d'être la réalité. Quitte à faire une pub choquante, pourquoi ne pas mettre en scène les auteurs eux mêmes ?
Excellente initiative de la part d'assos qui pour la plupart nous avaient habitués à moins de pugnacité.
C'est qu'il y a trop d'auteurs. N'importe qui peut se déclarer auteur. Arrêter les pleurnicheries et ecriver un peu mieux et tout ira bien. Trop d'auteurs ne savent que parler de leur nombril.
"Arrêter les pleurnicheries et ecriver un peu mieux et tout ira bien"

Toi ne te déclares pas auteur par contre, vu les deux belles fautes dans la même phrase.
D'accord avec Anne : ça commence à être insultant et sacrément inquiétant cette façon dans ce mouvement d'invisibiliser quasi systématiquement les femmes.

Vous savez que les autrices, illustratrices, traductrices sont dans des situations encore pire que les auteurs, illustrateurs, traducteurs, ou ce mouvement va détourner les yeux pendant encore longtemps de cette question centrale grosse comme une maison ?

Alors quand en plus on écorche le pseudonyme (forcé d'être masculin pour être lue...) de la seule autrice citée (bonjour, la Schtroumpfette travestie), et qu'on prend comme référence le rappeur Orelsan en début d'article... on se demande si on a vraiment envie que ces gens-là soient encore notre fer de lance pour sauvegarder "la culture française".
Tiens ? Comme d'habitude, on a oublié les correcteurs et les correctrices, ces « modestes savants habiles à lustrer la plume du génie », disait d'eux Victor Hugo. Ces professionnels qui, pour des rémunérations souvent modestes, s'arrachent les cheveux et le cerveau à revoir (nettoyer ?), retravailler et souvent réécrire peu ou prou des manuscrits qui, pour certains, parviennent sous leurs yeux en fort piteux état. Il est sans doute normal qu'ils ne figurent pas dans la liste puisque, comme ce sont des professionnels, ils paient des taxes et des cotisations sociales sur le fruit de leur travail (même quand fruit il n'y a pas vraiment ou même quand ils ont poussé le fameux "acquit de conscience" à remettre vingt fois l'ouvrage sur le métier pour le même prix...) et sont contraints, souvent, à exercer un autre métier pour vivre eux aussi.



Les artistes, au rang desquels on classera les bons écrivains, les vrais, ceux dont c'est le métier (sans doute les 34,7 % dont vous parlez), continueront à tirer les marrons du feu, n'ayez crainte ! Il me semble normal qu'ils cotisent comme tous les travailleurs.



Quant aux "auteurs" de tout poil, il en naît et il en meurt chaque jour. Ceux-là seront-ils concernés par ladite mesurette ?



Celle-ci nous évitera peut-être, à moyen ou long terme, de continuer à voir fleurir çà et là sur la "toile" et ailleurs des milliers de "bouquins" mal écrits, parfois mal relus et mal corrigés, voire pas du tout (certains sont carrément truffés de fautes), quand ils ne sont pas mal publiés et mal diffusés par des "éditeurs en chambre" qui hantent les couloirs d'internet et font grassement leur beurre sur une flopée de pâles écrivaillons persuadés d'avoir pondu le roman du siècle. Le public des lecteurs, y gagnera peut-être.
Vous êtes peut-être correctrice Marisa pour souligner le soi-disant oubli des correcteurs et des correctrices dans cet article? Savez vous si des associations de correct-eurs-rices ont participé à cet évènement, celui qui s'est passé aujourd'hui dans les jardins du Palais Royal? Il me semble qu'ils auraient été cités si c'était le cas. Je ne vois pas où est l'oubli là dedans.



Quant aux artistes, et auteurs que vous jugez très sévèrement dans votre commentaire, il ne sont pas contre le fait de cotiser bien au contraire, à condition que ces cotisations leur ouvrent des droits (ils n'ont pas droit au chômage et paient très chers une retraite qu'ils ne toucheront probablement jamais) et qu'elles ne soient pas abusives (la hausse de la CSG n'est pas compensée pour eux par exemple). Le gouvernement est en train de revoir entièrement leur statut sans les consulter et les projette dans une précarité encore plus grande qu'ils ne le sont actuellement.



Ce n'est pas eux qui décident de produire toujours davantage de livres, au contraire, il sont les premières victimes de la surproduction. La surproduction éditoriale les poussent à produire toujours davantage pour pouvoir survivre, car comment vivre de ses droits d'auteurs quand les livres que vous sortez sont noyés dans la masse de livres produite?

Si vous souhaitez retrouver la qualité éditoriale qui selon vous fait défaut, il serait plus judicieux de soutenir les aut-eurs-eures plutôt que de balayer d'un revers de main des problèmes que vous ne connaissez pas. Car, oui, les aut-eurs-eures sont en colère, et ils ont raison !

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