Le livre de l'ex-rédactrice en chef du New York Times accusé de plagiat

Nicolas Gary - 08.02.2019

Edition - International - New York Times - lier accusations plagiat - rédactrice chef Abramson


Pour un journal de l’envergure du New York Times, l’accusation fait mal. Quand bien même Jill Abramson n’en est plus la rédactrice en chef, une accusation de plagiat équivaut à une très vilaine communication. Dans son dernier livre, Merchant of Truth, l’intéressée aurait effectué des emprunts multiples, dissimulant à peine ses copier-coller.


Jill Abramson - us mission, CC BY ND 2.0
 

Paradoxe fameux : le livre de l’ex-rédac-chef du NYT, Merchants of Truth : The Business of News and the Fight for Facts, se fait une démonstration radicale. Elle évoque la situation des médias sur le territoire américain, à travers deux parutions nationales, le NYT et le Washington Post. Et pour comparaison, prend les cas de Vice et BuzzFeed.

C’est l’un des journalistes de Vice, justement, qui a jeté un pavé dans la mare : Michael C. Moynihan détecte et expose plusieurs passages qui sentent fortement l’indélicatesse.
 


Il pointe également d’énormes erreurs factuelles, reléguant plus encore l’ouvrage au rang de vulgaire parution. Tout est parti d’une bévue qu’il qualifie de flagrante, à propos de l’un de ses collègues. En lisant plus attentivement, Moynihan s’est aperçu que des pans du livre lui rappelaient des textes rédigés par d’autres journalistes et auteurs. 

Dans les faits, on constate bien des tentatives maladroites pour réécrire des passages entiers. Mais le texte originel ressort bel et bien, sans contestation possible. Son éditeur, Simon & Schuster, n’a pas immédiatement réagi à ces accusations. Cependant, l’auteure affirme qu’elle va corriger le tir – facile quand le mal est fait. 
 

Des corrections à apporter, promis


Dans un courrier adressé à l’Associated Press, elle confesse des erreurs dans ses sources. Elle explique également que certaines notes ne correspondent pas aux bonnes références – fait involontaire, selon elle. « La langue est trop proche dans certains cas et doit être utilisée sous forme de citation dans le texte. Cela aussi sera corrigé », promet-elle.

Elle souligne par ailleurs que des liens et des références sont tout de même indiqués en fin d’ouvrage. Avec 70 pages de notes de bas de page et une centaine de citations de sources, elle estime avoir tout de même œuvré pour le bien commun. 

Pour l’heure, une relecture complète des 500 pages du livre est en cours. Simon & Schuster, voyant la polémique enfler, a assuré de son côté que « toutes les clarifications ou corrections à apporter seront effectuées dans les éditions futures ». 

Actuellement enseignante en création littéraire à l’université de Harvard, Abramson avait été, en 2011, la toute première femme à occuper le poste de rédactrice en chef. Elle fut licenciée trois ans plus tard. 

À l’époque, la direction du journal lui avait reproché de ne pas savoir correctement manager son équipe, ou encore de multiples absences de la salle de rédaction. 

via New York Times


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