Le livre de Ségolène Royal sacrifié à sa charge ministérielle

Clément Solym - 07.04.2014

Edition - Les maisons - Segolene Royal - éditions Grasset - publication d'un livre


C'est pour répondre à sa charge nouvelle de ministre de l'Écologie que Ségolène Royal a, en accord avec son éditeur, a choisi de ne pas commercialiser son ouvrage, Notre chance d'être Français. « Madame Ségolène Royal, soucieuse de se consacrer exclusivement à sa nouvelle charge ministérielle, fait savoir qu'elle renonce à publier son livre », explique la maison Grasset, dans un communiqué dont fait état l'AFP.

 

 

 

 

Le titre était prévu pour le 7 mai, et finalement, est donc ajourné sine die. Il n'en reste encore trace que sur certains sites marchands, l'éditeur ayant tout bonnement retiré l'ouvrage de son propre site. La présentation du livre est proposée par Ségolène Royal en personne :  

Quelles sont les solides raisons de croire en la France, de lui vouloir un avenir, d'aimer être Français sans arrogance, mais sans complexes dans le monde du XXIe siècle ? Quelle conception se faire de « l'identité nationale » à rebours des manipulations et des trahisons dont cette notion est l'objet ? Pourquoi revendiquer avec affection et fidélité, comme je le fais de longue date malgré ceux qui s'en gaussèrent et y sont finalement venus, ces symboles – la Marseillaise, les trois couleurs, notre devise républicaine – d'une nation accueillante à tous les siens ? Qu'en est-il, de nos jours, du récit national qui nous constitue et quels nouveaux chapitres écrire ensemble pour avancer ?

Le parti-pris de cet ouvrage est d'aborder avec lucidité ce qui malmène l'idée que nous nous faisons de nous-mêmes et de notre avenir commun. A toutes et à tous, il voudrait faire partager le goût de la France, ce pays qui n'est vraiment lui-même qu'assoiffé d'idéal, capable de fraternité, audacieux dans l'action. Car le peuple français veut la continuation de son histoire dans une France à la hauteur de la belle injonction que lui adressait jadis Michelet : « Faites que nous nous aimions en vous ».

Dans le flou des repères et la peur de la mondialisation, l'angoisse monte avec la peur du déclin et de la disparition de la spécificité française. Or tout existe pour que la France parvienne à reconquérir l'estime d'elle-même.

 

Bien entendu, le livre ne devait certainement pas contenir d'attaques contre le pouvoir, ni même de revendications qui auraient pu porter préjucide à l'exécutif ni au gouvernement Ayrault, alors en place.

 

Vice-présidente de la Banque Publique d'Investissement, présidente de la Région Poitou-Charentes, Ségolène Royal avait déjà, l'an passé, reporté la publication de Ce que je dois, un essai toujours prévu chez Grasset. Ce dernier avait pris trois mois de retard, pour devenir finalement, Cette belle idée du courage. 

 

Notons également qu'à l'occasion du Salon du livre de Paris, Mme Royal n'avait pas été boudée par la presse, sur un stand que les médias avaient envahi littéralement. La future ministre y était présente samedi et dimanche après-midi, pour accueillir ses lecteurs.  

 

 

 

L'histoire ne dit pas si l'auteure a perçu un à-valoir, et si oui, de combien. Mais dans ce cas, la maison le passera par pertes et profits...