“Le livre est en danger” : l'édition demande 500 millions € à Emmanuel Macron

Nicolas Gary - 23.05.2020

Edition - Economie - filière livre Macron - aides édition industrie - livre danger crise


Dans un texte largement signé par l’interprofession, la filière livre interpelle le président de la République. Emmanuel Macron, plongeant la France dans le confinement, avait eu cette injonction : « Lisez ! » Mais au terme de deux mois de panique et d’inquiétude, l’industrie du livre en appelle aux pouvoirs publics.



 

500 millions €, c’est la somme nécessaire pour « traverser cette crise, non sans dommages, mais avec l’assurance de pouvoir simplement redémarrer ». La pétition, adressée au président, souligne la nécessité de travailler communément avec les services de l’Etat à un « plan de relance d’ampleur ».

Et d’énumérer plusieurs modalités : « [U]ne politique résolue de soutien à l’offre, subventions, prêts, exonération de charges sociales et de taxes… et par une amplification ponctuelle de la demande, avec des commandes massives par les bibliothèques et des opérations d’envergure liées au Pass-Culture et au Chèque Lire. »

Le projet fédère l’ensemble de la chaîne : auteurs, éditeurs, libraires, qui depuis deux mois, sont en relation directe avec le ministère de la Culture, « dans un vrai esprit de concertation ». Mais pour que les échanges aboutissent, assurent-ils, il faudra « une aide à la hauteur des 500 millions d’euros de pertes que la filière va subir ».

La filière déplore d’ailleurs que le 6 mai, durant la présentation remarquée pour sa remarquable orientation jambon/fromage, le président n’ait choisi « de ne plus parler des livres ni de celles et de ceux qui les écrivent, les traduisent, les éditent et les vendent ». 

Comment se faisait-il que depuis l’heure d’une invitation à la lecture originelle, plus un mot ne soit adressé à l’attention de la filière ? Les chiffres sont pourtant là pour démontrer que la crise a fait de sérieux dégâts : fermeture des librairies, avec perte « de la quasi-totalité de leur chiffre d’affaires et de plus de 80 % pour les maisons d’édition ». 

Les autres métiers n’ont pas moins souffert — diffusion, distribution, imprimeurs, « lourdement impactés ». Et en première ligne, les auteurs, « privés de ventes de livres et de rencontres rémunérées, connaissent une perte de revenus sans précédent ». Illustrateurs, traducteurs, tout le monde a été frappé, avec cette conclusion : « Le monde du livre est en danger. »

«L’Etat se doit d’empêcher l’effondrement de cette filière vitale pour toute notre société ; et elle tient sa force des talents et des structures les plus divers. [...] Vous avez eu raison d’inviter les Français à lire pendant cette période de confinement. Aidez-nous maintenant à ce qu’ils puissent continuer à le faire à l’avenir, au nom des mêmes valeurs de qualité et de diversité, en maintenant en vie un secteur fragile, aujourd’hui en grand péril. »

Et la situation d'autant plus tendue qu'en milieu de semaine, le ministre de la Culture, Franck Riester, a donné chaud à toute la profession : à l'Assemblée nationale, il annonce 100 millions € « notamment pour les éditeurs », avant de se rétracter étrangement sur Twitter dans la foulée.
 

Et pourtant, dans les coulisses...


Sollicité par ActuaLitté, le président du Syndicat national de l’édition, Vincent Montagne, indique qu’il s’agit là d’un « appel pour faire entendre toute la filière, ses craintes et ses besoins ». Les 500 millions € estimés par les professionnels réunis au sein de France Creative seront la véritable bouffée d’oxygène pour l’industrie — bien au-delà des 5 millions € que le Centre national du livre avait voté en aide d’urgence. « L'objectif est d'apporter à nos entreprises les moyens d'être toujours présentes dans 12 ou 18 mois ! » Et d'obtenir de l'État un véritable engagement, donc.

« Se tourner vers l’État, évidemment, toutes les industries le font, c’est impératif », nous indique un membre du SNE. Et de poursuivre : « Cependant, le choix de la fermeture totale des librairies était une erreur. Et le positionnement trop ferme du Syndicat de la librairie française, regretté par Jack Lang — le ministre de la loi sur le prix unique, tout de même — n’a aidé personne. »

On reconnaît dans le même temps « le colossal travail fourni durant les jours du confinement » – une infolettre très régulière sur les évolutions, les points d'étape, l'évolutions des échanges et discussions ou encore le suivi logistique et juridique, dès le 15 mars.

D'autres ont écouté avec attention « le silence assourdissant du SNE », durant cette période. « Des discussions ouvertes pour aménager l’ouverture des librairies, leur apporter un soutien spécifique, afin de garantir une ouverture sécurisée et minimale n’ont en fait pas abouti », note avec prudence un proche du dossier. « Peut-être que le SNE aurait pu se manifester un peu plus, en effet », ajoute avec un rictus un éditeur membre du syndicat.

Les libraires eux-mêmes n’ont en effet pas tous goûté la position adoptée par le SLF — tout particulièrement après que le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, a tendu la main. Soutenue par une partie des libraires adhérents, cette décision de fermeture complète n’a pour autant pas fait l’unanimité. Et même les libraires ayant soutenu la décision du Syndicat ont fini par mettre en place des solutions de repli.

librairie distanciation
ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 
D’autres nuancent, en évoquant le travail de rapprochement entre le SLF et la distribution — avec des lignes rouges à ne pas franchir, « pour éviter les risques d’entente ». Exercice délicat, attendu que nombre de membres du bureau sont également aux commandes de structure de diffusion/distribution, justement. Mais comme on s’accorde à le reconnaître, « les échanges sont parfois compliqués — et peu lisible depuis l’extérieur —, même si la communication semble lisse ». Avec cette conclusion : « Nous avons vécu une période inédite et complexe, comme jamais. » 

Pour un libraire du sud de la France, « le risque véritable, c’est qu’après ce camouflet, où le Syndicat a mis un terme à toute discussion possible, l’État nous sourit gentiment, moins prompt à écouter les doléances ». Il poursuit : « La prudence était de mise, dans les premiers jours du confinement, évidemment, mais par la suite, avoir refusé un dialogue pourrait avoir des conséquences. » Non que l'État refuse la demande d'aide, mais peut-être qu'il se montrerait moins sensible.

Avant d'ajouter : « La preuve, c'est que finalement, tout le monde a tenté de se lancer dans le drive ou le click and collect, progressivement. Il n'était pas question de réouvrir comme des brutes, mais d'accepter de discuter... C’était tout de même une occasion unique – et manquée ? – pour nous, avec la fermeture des entrepôts d’Amazon, et les difficultés que l’on connaît chez Fnac. »

L’appel est désormais lancé, à l’attention de l’Élysée. Et les doigts sont croisés.

La Lettre ouverte est parue dans Le Monde, réunissant 635 auteurs, éditeurs et libraires. Pas de chance, il faudra être abonné pour la consulter.

 

mise à jour 12 h 57 : 


Un communiqué collectif, émanant du Conseil Permanent des Écrivains, du Syndicat national de l’édition et du Syndicat de la librairie française accompagne le texte de la pétition. Il est reproduit ci-dessous dans son intégralité.


L’ensemble de la chaîne du Livre se mobilise ainsi de manière solidaire parce que c’est tout le secteur qui est en péril. Si un plan de relance ambitieux en faveur du livre et de la lecture n’est pas enclenché, de nombreux acteurs vont disparaître, d’autres vont devoir lutter pour seulement survivre. Au-delà du désastre économique, cette atteinte à la diversité et au dynamisme de la filière aura des conséquences sociales et culturelles pour tous les Français et pour longtemps.
 
Cet appel est le fruit d’une inquiétude largement partagée : au milieu du concert de déclarations, de promesses, d’annonces, le livre fait figure de grand oublié. Il faut prendre la mesure réelle du danger : le recours aux prêts, même garantis, est une solution, mais partielle et il faudra les rembourser. Par ailleurs, le montant prévu de cinq millions d’euros apporté par le Centre national du livre est tout à fait insuffisant.
 
Il est absolument indispensable de fournir au monde du livre une aide de plusieurs centaines de millions d’euros pour traverser cette crise, non sans dommages, mais avec l’assurance de pouvoir simplement redémarrer, une aide à la hauteur des pertes que la filière va subir. C’est maintenant ou jamais.
 
Des pistes ont été proposées, notamment les exonérations totales de charges, d’autres mesures comme le chèque Lire ou un Pass lecture sont aussi à l’étude.
 
Cette tribune solidaire est là pour que les déclarations et les idées se concrétisent. Elle parle d’une seule voix et elle parle fort car tous les maillons de notre chaîne sont interdépendants. Cet appel est une urgence absolue.

illustration : Emmanuel Macron, capture d'écran


Commentaires
La filière du livre est en danger bien avant le confinement, et les appels pour sauver certain-es, serait juste une perfusion financière sur du cours terme.

Nous avons d'autres filières de financement, mais il faudrait accepter d'être sur du renoncement d'adéquations qui n'ont plus lieu d'être.

J'ai à maintes reprises annoncer le déclin de l'édition par des facteurs qui l'amène progressivement, ce déclin.

Le premier renoncement serait le prêt gratuit en bibliothèques- j'ai déjà fait assez de commentaires sans avoir à revenir dessus, % serait pour un fonds de solidarité national, un % pour l'achat, enfin un % pour faire faire des interventions d'auteur-es, régionaux, nationaux  - Si à 'encontre les médiathèques devaient d'être la bouffé d'oxygène en achetant massivement, les principaux bénéficiaires seraient  (encore ) les entreprises gérées par des consortiums. Par l'impact de cet investissement, seraient bénéficiaires, les auteur-es de ces maisons sachant que peu sont des vrais professionnels vivants de leur littérature, que sont les écrivain-es, les Bédéistes, les illustrateur-trices.

Ce plan de restructuration n'incluant pas forcement tous les indépendants, qui sont eux, plus fragilisés par cette crise, alors que c'est peut-être vers eux et en priorité, que devrait se tourner le gvt, car l'emploi dans ce secteur est primordial pour l'économie locale et nationale.

Hors ces achats massifs pour ces entreprises via des subventions, reviendraient à différencier les contributeurs à l'impôt en fonction de leur importance. L'abolition du prêt gratuit serait une solution, car il devient urgent d'arrêter cette mascarade du fameux argu qui indiquerait que la culture doit être accessible à tous - Cependant  n'écartant la probabilité que les plus démunis auraient une garantie de prêt gratuit- , l'autre plus complexe, c'est d'envisager une meilleur régulation du marché de l'occasion géré par des sociétés.

Envisager d'obliger ces sociétés à reverser un % à un organisme tel le CNL, SNL SOFIA, qui serait garant d'un fonds de solidarité pour tous les éditeurs, auteur-es France. Ce fonds solidaire alimenté par un % sur du prêt payant et du marché de l'occasion, serait là une meilleure condition équitable que de puiser dans ces subventions alimentées par l'impôt.

Un seul facteur restant la régularisation de l'édition, le flux important de parutions fait qu'à ce jour, nous avons plus de livres que nous pourrons avoir de lecteurs pour les lire.

Je défie quiconque d'interdire à un auteur, une maison d'édition, de faire le ménage pour que cette masse importante qui étouffe le marché du livre, ne devienne qu'un petit tas de livres, désengorgeant ce marché.

Des auteur-es préconisent cette solution, mais nous pourrions rétorquer : Pourquoi ne seriez vous pas par celui que cette régularisation se fasse ?

Bref, ce débat des sujets récurrents, mais où chacun ne veut s'impliquer.

Il est vrai qu'il est plus facile de demander un chèque que de balayer devant les écuries d'Augias, afin de nettoyer les besoins d'une seule mouvance éditoriale qui déjà règne, maîtresse du marché.N'oublions que l'après-confinement qui s'annonce en pas feutrés, va pour l'instant, être bénéfique pour ces maisons d'éditions et par ricochet, à leurs auteur-es, tandis que les faillites sont en train de se prononcer pour nombre d'entre nous.L'espèce de l'édition de région est bien en voie de disparition, mais ne sera pas un vecteur régulant le marché, mais en sera l'un des tranchants du couteau.Ce tranchant sera celui qui coupera la veine de l'édition inondant encore plus abondamment l'auto-édition sauvage et l'éclosion de toutes ces sociétés qui sont déjà pléthore et à l'affut de bonnes affaires livresques.Donc, je crois que cet appel, n'étant que pour une seule filière, sera peut-être la mise à mort de la nôtre.

  

"Le livre,la plus belle conquête du lecteur. "



M, l'éditeur
Il est dommage que je laissa passer quelques fautes d'orthographe, parfois le geste est plus rapide que la pensée et je n'ai pensé que j'ai trop vite poseter mon commentaire. Mais l'idée est postée. Merci

Donc relu :

La filière du livre est en danger bien avant le confinement, et les appels pour sauver certain-es, serait juste une perfusion financière sur du cours terme.

Nous avons d'autres filières de financement, mais il faudrait accepter d'être sur du renoncement d'adéquations qui n'ont plus lieu d'être.

J'ai à maintes reprises annoncer le déclin de l'édition par des facteurs qui l'amène progressivement, ce déclin.

Le premier renoncement serait le prêt gratuit en bibliothèques- j'ai déjà fait assez de commentaires sans avoir à revenir dessus, % serait pour un fonds de solidarité national, un % pour l'achat, enfin un % pour faire faire des interventions d'auteur-es, régionaux, nationaux  - Si à 'encontre les médiathèques devaient d'être la bouffé d'oxygène en achetant massivement, les principaux bénéficiaires seraient  (encore ) les entreprises gérées par des consortiums. Par l'impact de cet investissement, seraient bénéficiaires, les auteur-es de ces maisons sachant que peu sont des vrais professionnels vivants de leur littérature, que sont les écrivain-es, les Bédéistes, les illustrateur-trices.

Ce plan de restructuration n'incluant pas forcement tous les indépendants, qui sont eux, plus fragilisés par cette crise, alors que c'est peut-être vers eux et en priorité, que devrait se tourner le gvt, car l'emploi dans ce secteur est primordial pour l'économie locale et nationale.

Hors ces achats massifs pour ces entreprises via des subventions, reviendraient à différencier les contributeurs à l'impôt en fonction de leur importance. L'abolition du prêt gratuit serait une solution, car il devient urgent d'arrêter cette mascarade du fameux argu qui indiquerait que la culture doit être accessible à tous - Cependant  n'écartant la probabilité que les plus démunis auraient une garantie de prêt gratuit- , l'autre plus complexe, c'est d'envisager une meilleur régulation du marché de l'occasion géré par des sociétés.

Envisager d'obliger ces sociétés à reverser un % à un organisme tel le CNL, SNL SOFIA, qui serait garant d'un fonds de solidarité pour tous les éditeurs, auteur-es France. Ce fonds solidaire alimenté par un % sur du prêt payant et du marché de l'occasion, serait là une meilleure condition équitable que de puiser dans ces subventions alimentées par l'impôt.

Un seul facteur restant la régularisation de l'édition, le flux important de parutions fait qu'à ce jour, nous avons plus de livres que nous pourrons avoir de lecteurs pour les lire.

Je défie quiconque d'interdire à un auteur, une maison d'édition, de faire le ménage pour que cette masse importante qui étouffe le marché du livre, ne devienne qu'un petit tas de livres, désengorgeant ce marché.

Des auteur-es préconisent cette solution, mais nous pourrions rétorquer : Pourquoi ne seriez vous pas par celui que cette régularisation se fasse ?

Bref, ce débat des sujets récurrents, mais où chacun ne veut s'impliquer.

Il est vrai qu'il est plus facile de demander un chèque que de balayer devant les écuries d'Augias, afin de nettoyer les besoins d'une seule mouvance éditoriale qui déjà règne, maîtresse du marché.N'oublions que l'après-confinement qui s'annonce en pas feutrés, va pour l'instant, être bénéfique pour ces maisons d'éditions et par ricochet, à leurs auteur-es, tandis que les faillites sont en train de se prononcer pour nombre d'entre nous.L'espèce de l'édition de région est bien en voie de disparition, mais ne sera pas un vecteur régulant le marché, mais en sera l'un des tranchants du couteau.Ce tranchant sera celui qui coupera la veine de l'édition inondant encore plus abondamment l'auto-édition sauvage et l'éclosion de toutes ces sociétés qui sont déjà pléthore et à l'affut de bonnes affaires livresques.Donc, je crois que cet appel, n'étant que pour une seule filière, sera peut-être la mise à mort de la nôtre.

  

"Le livre,la plus belle conquête du lecteur. "



M, l'éditeur
Bonjour,



Je partage une grande partie de vos propos.



Mais je pense qu'avant de demander (plutôt de quémander) une aide publique, peut-etre serait-il plus efficace de réfléchir sur le partage de la valeur ajoutée entre les auteurs, les éditeurs et les libraires. Peut-etre serait-il temps de reformer la loi Lang, pour que son principal bénéficiaire ne soit pas Amazon. "Un prix de vente imposé et unique avec des marges d'achat négociables", tous les jours le boss d'Amazon France doit mettre un cierge à l'église en disant "pourvu que cela dure". Peut-etre faut-il réfléchir au métier de libraire, pour que celui-ci cesse de glisser vers l'uniformisation de l'offre et la prépondérance de la logistique. A itre d'exemple, je suis effaré par les discours élogieux de certains confrères sur Le "click and collect" (mesure d'urgence dont je comprends les raisons face la situation). Ce systéme est la mort assurée du libraire, ou au mieux la transformation des librairies en "librairies-garage". En réalité, tous ces discours pour sauver le soldat librairie et sa chaîne, ne vise qu'à défendre une rente "un livre s’achète dans une librairie". L'Amazon bashing est plus destructeur que constructif. Tous les clients d'Amazon se sentent montrer du doigts et donc fuient les librairies. Mais ce bashing est plus aisé qu'une remise en cause de notre mode de fonctionnement.



Ce qui me désole dans tous les propos des différents représentants de la chaîne du livre, c'est qu'il y a beaucoup de pleurs, de quémandes, de torts distribués aux autres (La Poste, Amazon, les collectivités publiques, ...), mais jamais de remise en cause du mode de fonctionnement de cette chaîne du livre et de ses métiers.



Marc Georges

La Demeure du Livre
Que Monsieur Gallimard et cie commencent par reverser aux associations de lutte contre la pédocriminalité les millions d'euros touchés grâce à la vente du Journal de M. le grand pédophile, j'ai nommé Matzneff !!! Après vous pourrez quémander...
"Le livre est en danger" ou "Galligrasseuil est en danger" ?



Les auteurs, modulo la poignée de happy few qui vivent exclusivement de leur plume, ont tous, grâce à la pingrerie des gros de l'édition, un autre travail, et c'est heureux (pour une fois la touchante avarice des gros éditeurs qui, avec une unanimité confondante digne d'un cartel, accordent tous à leurs auteurs un généreux 8% avec force rictus douloureux aura servi à quelque chose).



Les petits éditeurs, à l'espérance de vie d'une Ephémère, ont toujours dansé sur le fil du rasoir. Ce sont eux qui sont habitués à vivre sous la pression du risque, ce qui explique que la grande majorité de nos amis libraires les évitent soigneusement.



Les auto-édités, eux, dont tous les vrais, les purs, les bons, les fous du zen et les marquis à bleu cordon savent qu'ils ne constituent qu'une masse grouillante de plébéiens incultes incapables d'aligner trois mots, ne sont de toute façon pas concerné par l'éventuelle chute de la maison Madrigal.



Bon, évidemment, les copains journalistes, politiciens, Star du petit et grand écran, les fils & filles de, les rejetons d'ambassadeurs ou de barons adeptes des fêtes (toujours un succès!) où s'empilent les Ferreros, les "ex" au carnet d'adresse bien rempli ou aux tontons bien en cours inonderont peut-être moins les officines survivantes de leurs indispensables proses germanopratines. Beaucoup de noms ("dont pas un ne mourra !") y perdront ce que la littérature, si tant est qu'elle ait jamais existé, y gagnera peut-être.



Peut-être assistera t'on à quelques "légers" ajustements, comme par exemple le développement de l'impression à la demande ("Adieu, Pilon, je t'aimais bien..."), parfois même dans la librairie elle même (et donc la fin du transport physique de livres imprimés sur place en quelques minutes devant le client-lecteur, qui pourrait même — la population vieillissant — choisir sa taille de caractère et sa pagination ; tiens, une idée que je lance comme ça, hein...) Mince, les libraires échapperaient à la gestion des retours et auraient plus de temps pour lire et sélectionner leurs produits, et ce serait la fin de la diffusion contrôlée par... Hem, Hum... Quelque chose me dit que les Grands éditeurs ont sentit le vent du boulet...



Pour l'énorme majorité des auteurs méprisés et sous payés par de grandes structures au fonctionnement archaïque qui jamais n'ont voulu se remettre en cause (qui, de nos jours, paye ses "fournisseurs" une fois l'an, sans aucune visibilité sur la progression de leurs ventes et donc sans aucune information sur leur éventuel revenu ?), nous allons vivre de très riches heures qui viendront enluminer les rudes et mornes journées de nos existences...
L'ensemble de la filière ? Signé par le CPE qui ne représente rien ? Et quoi pour les auteurs ?
La pandémie aura eu au moins le mérite de faire sortir du bois les loups de la chaîne du livre qui avaient pris la fâcheuse habitude de se servir grassement sur la bête. Désormais ils sont à découvert. Vulnérables, ils vont devoir réduire leur part scandaleuse du gâteau s'ils veulent survivre.
Je fais partie dela masse "grouillante et inculte" des auto-édités depuis plus de 13 ans et je me vois mal aller proposer mes titres aux libraires que je connais, sensibles peut-être aux 30 % ma remise sans avance sans gestion de stock et retours,.Je me contenterai des petits salons de campagne où l'on s'embrasse, casse la croute, sans couvrir les frais de route et d'inscription. La plèbe vous salue avec son masque. PS: je lis plus de 2,5 livres par an pour ma culture personnelle et par amitié avec les auteurs "les vrais". LOL
Attention, ami Pounon, frère en noircissement de pages, n'aurais-je pas été assez obscur ?

Je fais moi aussi parti du même panier de crabes toisé de haut par la haute noblesse de la rive gauche de l'écriture... À Plébéien, plébéien et demi !
J'avais compris l'ironie du propos mais foin de jérémiades, nous assumons notre statut pour la postérité,

je travaille sur mon dix-huitième livre pour cet hiver peut-être ?
Réponse à ce Collectif d'éditeurs, auteurs et libraires qui lance une alerte sur la filière du livre, réclamant 500 millions d'€ à M.Macron -



Avant de vouloir sauver la filière du livre,

il faudrait d'abord penser à sauver le livre !



Perdu dans la bourrasque d'une édition démembrée,

le livre sombre dans le marasme de ces turpitudes du tout édité.



L'hémorragie devient impossible à juguler.



Avant de réclamer sur du court terme, ne serait-il pas possible d'apporter des réponses pour le long terme ?



La filière du livre est à un tournant de son histoire, se trouvant à la croisée de plusieurs chemins, pris par d'autres filières qui vont faire exploser le monde du livre, en ces morceaux que jamais nous ne pourront recoller.



Je reste persuadé que certains se gaussent de ces commentaires qui, pourtant, reposent sur du prévisionnel basé sur de l'analytique écrite, lorsque je faisais parti de la Charte, puis ensuite de la Ligue.



Vous riiez alors,

mais qui commencent à pleurer maintenant ?



Non que je veuille m'en réjouir, cela serait déplaisant, mais à la différence envers les rieurs, je n'eus l'égotisme qui me fit un rempart sur la clairvoyance des faits.



Sauvez le livre, avant de vouloir vous sauver,

cela siérait mieux à nos métiers.



Merci

Cordialement
ourquoi n'y a-t-il pas de ministère de la Culture aux États-Unis Comment peut-on reprocher à la gris aux Américains leur impérialisme culturel et leur absence de culture ? Pour comprendre ces paradoxes, Frédéric Martel a entrepris une grande enquête, sans précédent. À partir des archives inédites et de sept cents entretiens dans trente-cinq États, il reconstitue la politique culturelle américaine, de, John F Kennedy à Barack Obama. Ce faisant, il décrypte aussi le fonctionnement de la philanthropie, des fondations, du mécénat et met au jour le rôle central du gouvernement, la mission artistique des universités et la diversité culturelle américaine. Un système global et complexe apparaît alors, particulièrement efficace et totalement méconnu : si le Ministère de la Culture n'est nulle part, la vie culturelle est partout. Ce tableau, riche en nuances, ébranle nos certitudes; il reflète, en miroir, les contradictions, entre mythes et réalités, de notre propre système culturel. Depuis sa parution, De la culture en Amérique est devenu un ouvrage de référence sur les politiques culturelles en général et sur les États-Unis en particulier. Il a été traduit et discuté dans de nombreux pays
Et si l'on commençait à appliquer correctement les droits de bibliothèque ?

Un auteur n'est pas capable de connaître quelle biblio achète ou possède son ou ses livres, reçoit un décompte de droit des années après les achats (en vrac, bien entendu, sans possibilité de vérifier)... quand il le reçoit, car en général, il faut relancer bien des éditeurs qui « oublie » de vous envoyer une lettre (il faut les comprendre : envoyer une lettre à 3€ pour verser 90 centimes (sic) à un auteur a de quoi décourager bien des capitalistes acharnés !)

Avant de réformer un système, commençons par élaguer et y voir clair. Paiement dans l'année (trop dur avec l'informatique, comme les droits d'auteurs... mensuels !), décompte par biblio et département, etc.

C'est sûr que ce serait une révolution... qui ne coûterait pas 500 millions mais qui permettrait d'éclaircir le marigot dans lequel baigne les auteurs !
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