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'Le livre est un produit de première nécessité', clame la FILL

Clément Solym - 07.11.2011

Edition - Société - Fill - TVA - taux réduit


Alors que le Conseil des ministres a communiqué le plan d'austérité décidé par le premier ministre François Fillon, l'industrie du livre est en ébullition. Ainsi, à « l'exclusion des produits de première nécessité que sont l'alimentation, l'énergie, et les produits et services destinés aux personnes handicapées, la taxe sur la valeur ajoutée à taux réduit sera portée de 5,5 à 7 % ». Et le livre ferait donc partie de cette augmentation de TVA...

 

Les réactions sont multiples depuis cette annonce, allant de l'inquiétude à la colère. Pour certains, il s'agit d'un déni pur et simple du Label LIR institué pour favoriser l'essor de la librairie indépendante. Pour d'autres, plus agressifs, c'est un pur et simple désaveu de la fonction même du ministère de la Culture. 

 

La FILL, Fédération interrégionale du livre et de la lecture, vient de diffuser le communiqué suivant : « Le livre est un produit de première nécessité. » De quoi tenter de faire comprendre au premier ministre que le plan d'équilibre des finances ne saurait passer par une hausse de la TVA sur le livre, sous peine de menacer toute l'industrie.

 

De la Fill : 

 

Lors des Rencontres nationales de la librairie, l'année 2011 commençait par une prise de position très nette du ministre de la Culture et de la Communication en faveur de la librairie indépendante dont la baisse sévère des marges commerciales met en danger toute la chaîne du livre.

 

S'achèvera-t-elle sur une mesure fragilisant gravement son avenir ?

 

La décision du 7 novembre 2011 de relever la TVA du livre à 7% va à l'encontre de la politique publique de soutien à la librairie indépendante menée depuis la loi du prix unique du livre de 1981. Elle nie le récent constat de la nécessité de mesures fortes à destination des libraires par les pouvoirs publics et empêcherait les dispositions prises par des éditeurs soucieux de sauver le réseau des libraires, garant de leur propre avenir et de celui de la création.

 

La Fill et ses membres s'étonnent et expriment leur inquiétude face à une décision qui semble oublier la réalité économique et sociale d'une filière et les enjeux actuels de la lecture publique.

 

Loin de participer à l'effort de réduction des déficits, le livre, ciblé par cette mesure au même titre que des secteurs autrement bénéficiaires, n'aurait plus les moyens de se défendre. 

 

Le gouvernement et son ministre de la Culture doivent donc rassurer l'ensemble des professionnels du livre et de la lecture et leur prouver que le soutien aux « passeurs de livres » reste une priorité.