Métadonnées et réseaux sociaux : les outils de Simon & Schuster

Clément Solym - 30.09.2015

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« Le livre est un souvenir permanent, contrairement à une vidéo YouTube », a claironné Carolyn Reidy, la PDG du groupe américain Simon & Schuster. À l’occasion d’un discours annuel devant la Book Industry Study Group, la patronne s’est fendue de quelques observations sur le secteur, par le prisme de son groupe. 

 

Mrs. Duffee Seated on a Striped Sofa, Reading Her Kindle, After Mary Cassatt

Mike Licht, CC BY 2.0

 

 

Comptant dans le Big Five de l’édition américaine, Simon & Schuster annonce que les ventes de livres numériques sont en train de retomber de 30 % à 25 % actuellement. Pourtant, l’enthousiasme des lecteurs existe bien pour les livres numériques – mais à condition qu’ils demeurent homothétiques. C’est-à-dire absolument identiques au papier, mais juste dématérialisés. 

 

La grande patronne tire donc les conclusions qui s’imposent : les livres enrichis, truffés de gadgets et de vidéos, n’ont pas fonctionné, et furent carrément un échec. « Est-ce à cause des interruptions provoquées dans le texte, ou parce que nous, éditeurs, n’avons pas su les rendre suffisamment bons », interroge-t-elle. Chacun trouvera sa réponse.

 

Reste que le ralentissement, dans les grands groupes éditoriaux, et même le recul des ventes, est bien là. Carolyn Reidy reconnaît tout de même que les nouvelles solutions contractuelles passées ont changé le mouvement impulsé avec Apple. Cela dit, « nos données nous disent que notre politique tarifaire est efficace ». Mais le papier, mes enfants... Même les jeunes auteurs issus de YouTube, les YouTubers stars, vendent majoritairement en version papier. Certes les ventes se font par le biais des canaux en ligne, mais tout de même.

 

Au cours de son intervention, elle évoquera également les services d’abonnement illimité – disons, le service, Scribd, en l’occurrence, puisque Oyster, son concurrent, doit fermer. Et Kindle Unlimited, on n’en parle pas plus que de cordon dans la maison d’un pendu. Ces solutions ont des vertus en matière de prescription, insiste-t-elle, sans pour autant cannibaliser les ventes d’ouvrages imprimés. De quoi contrarier les arguments de certains.

 

Métadonnées et réseaux sociaux, le combi

 

L’autre point central de l’édition numérique, c’est l’accès à de nouvelles données, dont S & S tente de fait bon usage. La « quantité phénoménale d’informations disponibles » permet désormais d’actionner des leviers inédits, pour le marketing. Ainsi, explique-t-elle, un ouvrage de 2010, qui ne s’était vendu qu’à 1000 exemplaires, a profité d’une récente émission de télévision. Ainsi, le titre Galveston, est passé de Livre écrit par Nic Pizzolatto, à Livre écrit par le le créateur de la série Trues Detectives – particulièrement populaire. Un changement de métadonnées qui a vu la vente 37.000 exemplaires, en 2014.

 

Le travail des métadonnées combiné aux réseaux sociaux aurait donné des résultats étonnants. Les deux outils « peuvent être utilisés pour connecter des livres à ce qui se passe dans le monde. Nous sommes en train d’apprendre comment faire cela. Nous pouvons fournir des livres du fond directement aux lecteurs », à la condition que tout soit scrupuleusement mis en place. « Les éditeurs peuvent recourir aux médias sociaux pour établir des connexions et des relations directes avec des communautés intéressées par les auteurs. »

 

Et de conclure : « Nous devons donner à nos auteurs des raisons d’être en partenariat avec nous. » Ou sans filtre : parvenir à conserver ses écrivains, avant qu’ils ne décident de se débarrasser de leur éditeur.

 

Reste que le bouche-à-oreille reste le meilleur outil de vente, promet la patronne, alors que l’impact des grandes émissions de télévision sur les ventes de livres a diminué. « Tous les trucs que nous avions l’habitude de penser sur ce que nous savions, dans l’édition, ont disparu. » Table rase, on repart de zéro. 

 

 

(via Publishers Weekly)