Le livre papier résiste en Nouvelle-Zélande

Camille Cornu - 23.11.2015

Edition - International - nouvelle-zélande - librairies


En Nouvelle-Zélande, les librairies se montrent particulièrement florissantes et connaissent depuis un an un regain d'activité. La période des fêtes qui approche s'annonce tout aussi optimiste pour les ventes de livres papiers. Les ventes d'e-books, qui auraient atteint leur sommet, plafonneraient, laissant davantage de manoeuvre aux librairies. 

 

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À Tauranga, en Nouvelle-Zélande, la petite librairie indépendante Books a plenty est très optimiste au sujet des ventes à venir. En deux jours, elle a vendu 40 exemplaires du livre de Alf Rendell, Historic Tauranga from above. Le livre est fait de clichés historiques de la ville vue du ciel. La co-propriétaire, Chris Baskett, en a immédiatement recommandé : « c’est sans comparaison — ce n’est pas disponible en e-book. Il ne serait pas bon en e-book, c’est plein de photos ». 

 

Elle et d’autres locaux de la profession pensent que les ventes records du livre de Rendell pourraient être annonciatrices d’une excellente saison pour les fêtes : « Nous sommes enthousiasmés par notre liste de fiction pour Noël. Ça a l’air très bon. Les beaux livres font aussi d’excellentes ventes pour Noël. Nous avons de la très bonne non-fiction néo-zélandaise aussi ». 

 

L’industrie du livre papier semble être florissante en Nouvelle-Zélande. Bookseller NZ, qui comprend 300 librairies-membres, a pu effectuer des statistiques qui montrent que le nombre de livres imprimés a augmenté de 9 % comparativement à l’année dernière. Et la valeur de ces livres serait supérieure de 3 %. 

 

Selon Lincoln Gould, le directeur général de Bookseller NZ, cette reprise s’est amorcée en septembre 2014, a pu continuer grâce à de bonnes ventes de noël et est parvenu à se maintenir durant l’année. « Il y a donc eu un nouveau dynamisme sur le marché et les libraires ont beaucoup plus confiance en l’avenir ». 

 

"Les gens reviennent chaque fois au livre"

 

Le propriétaire d’une librairie à Rotorua ne se sent pas menacé par le numérique. Depuis 70 ans que son commerce est en place, il a connu plusieurs vagues de menaces numériques : « De la même manière que les lecteurs numériques arrivent, mon père avait été menacé par la radio quand ça a été inventé. On lui a conseillé de quitter le marché du livre. Ensuite il y a eu la télévision, puis les CD-ROM. À chaque fois, ça nous a fragilisés pendant quelques années. Mais les gens en reviennent chaque fois au livre ». 

 

Un des arguments en faveur du numérique ou même des achats sur internet serait d’obtenir un livre à des prix plus accessibles. Mais d’après Gould, les prix d’Amazon auraient tellement augmenté que les librairies néo-zélandaises seraient désormais parfaitement capables de rivaliser. 

 

Les ventes d’e-books, en plafonnant à 20/25 %, pourraient avoir atteint sur sommet. Si, d’après le New York Times, les ventes d’e-books auraient augmenté de 1000 % entre 2008 et 2010, l’association des éditeurs américains reporte que les ventes d’e-book auraient diminuées de 10 % sur les 5 premiers mois de cette année. 

 

Selon Gould, les ventes de livres papier se seraient effondrées aux alentours de la crise financière de 2008. Le marché ne se serait redynamisé que l’année dernière. Bien que moins nombreuses qu’il y a cinq ans, les librairies néo-zélandaises se seraient montrées résistantes en s’adaptant au nouveau marché. 

 

(via Bay of plenty times )