Si tout le monde ou presque sait que les écrivains tournent aux spiritueux et autres boissons distillées, (voir notre actualitté) le mystère reste entier sur la santé des hommes politiques, plus particulièrement celle des présidents de la République. C'est en tout cas ce qu'avance le titre d'un ouvrage de Denis Demonpion et Laurent Léger, Le dernier tabou - Révélations sur la santé des présidents, publié par Pygmalion.

 

Parmi les « révélations » promises, le dévoilement de l'ordonnance habituelle de Nicolas Sarkozy, qui, selon les auteurs, « avale des comprimés dépourvus d'autorisation de mise sur le marché (AMM), ce sésame indispensable à la commercialisation en pharmacie et à sa prescription médicale. » Sans pouvoir précisément identifier la substance ingérée par le Président, les deux journalistes proposent deux hypothèses, en trois ou quatre lettres.



Un junkie à l'Élysée ? Ne vous emballez pas avec les abréviations types LSD ou MDMA : la politique est un sport de haut niveau, comparable à un marathon quotidien en période électorale. Denis Demonpion et Laurent Léger avancent les sigles EPO, pour érythropoïétine, « la protéine favorite des sportifs », et DHEA, abréviation de déhydroépiandrostérone, une « hormone anti-vieillissement, particulièrement stimulante ».

 

Xavier Bertrand, le ministre de la Santé, a joué au docteur en qualifiant de « grand n'importe quoi» les révélations du livre. « Franchement, vous connaissez Nicolas Sarkozy depuis longtemps, il a besoin de prendre quelque chose pour avoir de l'énergie ? » a-t-il ajouté : même si nos relations avec le président sortant ne sont pas des plus régulières, on laissera planer le bénéfice du doute et la présomption d'innocence.

 

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Le livre revient aussi sur le malaise vagal de Sarkozy en 2009, et retranscrit la situation pour le moins enlevée qui s'ensuivit, lorsque pas moins de deux hélicoptères, un du SAMU et l'autre de la sécurité civile, se disputent le malade : « Des conciliabules s'engagent, car chacun veut avoir le privilège de prendre en charge le chef de l'État. […] Pourtant, il aurait été plus rapide de recourir à l'ambulance du SAMU, la première sur place. Si le malade n'avait pas été Président de la République, c'est ce qui se serait passé », notent les deux journalistes.

 

Ouvrage politique ou recueil d'anecdotes pour briller dans les salles d'attente ? Si l'ouvrage rappelle au président sortant sa promesse non-tenue de publier un bulletin de santé par an, il est largement consacré aux prédécesseurs de Nicolas Sarkozy : on apprendra ainsi qu'Édouard Balladur a été opéré d'un cancer des intestins après avoir quitté la tête de l'État, ou que Jacques Chirac et son épouse ont fait pression pour « passer sous silence » son accident vasculaire cérébral de septembre 2005. Apparemment, pas d'overdose à signaler.