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“Le livre  reste un espace de liberté là où nous en avons de moins en moins”

Nicolas Gary - 15.10.2020

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Le couvre-feu est déclaré, pour différentes villes de la métropole, quelques jours après que le festival Lire en poche a fermé ses portes. Une édition en « petit format », qui a dû céder aux contraintes sanitaires et répartir ses rencontres dans la ville. Pour la librairie Georges de Talence, d’ordinaire associée à la manifestation, c’est avant tout « une perte de convivialité pour nos clients ».

Librairie Georges - Talence (33)
 

Cécile Bory a repris les rênes de l’établissement familial. Elle est également présidente des Librairies indépendantes en Nouvelle-Aquitaine. « 2020 est une année blanche, pour Lire en poche. L’an passé, nous avions réalisé autour de 15.000 € de chiffre d’affaires durant la manifestation. Mais au-delà de ces sommes, LEP offre un moment de rencontres et de convivialités : c’est un salon plus festif que d’autres, où l’on peut rencontrer des confrères, des éditeurs et des auteurs. Sa réussite réside d’ailleurs dans cette effervescence, autant que la rigueur apportée à l’organisation. Tous les acteurs, quels qu’ils soient, y reçoivent une véritable attention », explique-t-elle à ActuaLitté.
 

Euphorie collective


Certes, dans une période « où l’on ne manque pas d’activité d’ordinaire : entre la rentrée scolaire et les fêtes de fin d’année, nous sommes très sollicités. Mais sur 2020, c’est plus important encore. Au point qu’on aurait presque hâte de retrouver des conditions normales ». 

Voilà trois semaines, l’association tenait son conseil d'administration : chacun a pu faire le point sur sa propre situation, « variable selon les lieux, mais pour tous, c’est une euphorie qui date de la fin mai. L’été s’est très bien passé, avec des augmentations de chiffre d’affaires à deux chiffres pour certaines », reprend la présidente. Pour Georges, ce sont 80 % d’augmentation de vente en librairie sur juin, et 365 % de croissance sur le site internet. 

Librairie Georges - Talence (33)

 
« Personne ne se plaint, parce que l’on a tous eu peur, mais nous vivons un épuisement actuel, du fait d’un surcroit de travail », note Cécile Bory. Non sans un petit plaisir, difficile à bouder : « Ce sont les témoignages de fidélité et de gratitude qui nous portent. Les mots aimables des clients, et attentionnés. Tout cela aide aussi à tenir. »

D’autant, nous indiquait-elle bien avant les nouvelles mesures du gouvernement, que les achats de Noël avaient déjà commencé. « Personne n’a envie de se retrouver dans des espaces confinés, entassés. Alors, nous n’irons pas jusqu’à installer les vitrines de Noël, mais nous abordons déjà les tables thématiques pour préparer les livres. » Être prêt à répondre aux besoins et aux demandes, parce que l’on sait combien ces fêtes « ne ressembleront à aucune autre. L’ambiance est plombée, sur fond de chiffres quotidiens qui rappellent la présence du virus. Et des mesures qui portent atteinte, d’une certaine manière, aux libertés individuelles. »
 

La fuite des écrans


Alors, quoi de mieux que la littérature pour répondre : l’éloignement des écrans, l’invitation au voyage — et bien entendu, l’offre culturelle qui se réduit, ou nécessite des contorsions particulières. « Le livre reste la seule activité toujours disponible. Une évasion qui coûte peu. » Avec ce prisme, que donne le temps, pour les sciences humaines, les essais et la non-fiction. « Tout le monde a envie de comprendre, de se repencher sur le monde. »

Librairie Georges - Talence (33)

 
Après tout, le livre « reste un espace de liberté là où nous en avons de moins en moins. Nous, libraires, avons un rôle spécifique de contact et d’échanges avec les lecteurs ». Et de passeurs, insiste-t-elle : « Durant le confinement, nous avons marqué un arrêt total. Rien n’a repris avant que la Poste, située à côté de la librairie ne rouvre. Par le site internet, nous avons actuellement trois fois plus de commandes qu’avant le confinement. Mais surtout, nous sommes fiers de ne pas avoir effectué de retours massifs de ces titres parus avant le 12 mars. Depuis le déconfinement, nous avons travaillé des petites maisons indépendantes, et réalisé un fort travail de pédagogie avec les clients. »

Qui se montrent à l’écoute, par-dessus tout. 

crédit photo : ActuaLitté, CC BY SA 2.0


Commentaires
Mais cette liberté suppose un gros effort pour certains: tourner les pages!
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