Le Los Angeles Times veut les droits d’auteurs des livres de ses journalistes

Clément Solym - 04.03.2019

Edition - International - journalistes droit auteur - Los Angeles Times - journalistes écrivains droits


Il faut imaginer la scène : une journaliste d’un grand média national qui se verrait demander par sa direction de céder les droits pour un livre qu’elle vient de publier. C’est précisément ce que le Los Angeles Times tente d’obtenir de ses salariés, en tant que condition pour leur travail.

Teclado
Esther Vargas, CC BY SA 2.0
 

De mémoire, ce n’était jamais allé aussi loin : le Los Angeles Times, l’un des principaux journaux américains, réclame l’impensable. Que tout journaliste de sa rédaction, cède les droits toute œuvre réalisée en marge de leur travail. 

L’Authors Guild, organisation en charge de la défense des auteurs américains, n’en revient pas. « Nous comprenons les pressions qui pèsent sur l’environnement médiatique, particulièrement concurrencé aujourd’hui », indique l’AG. « Mais chercher des profits au détriment de la création indépendante est simplement honteux. »

Et de rappeler la loi, pour qui les droits de toute publication réalisée en dehors de l’emploi appartiennent pleinement à leur auteur. Dans ce cas de figure, on marcherait sur la tête. 

Rappelant que le nombre d’emplois dans les journaux a chuté de 60 % depuis 1990, l’AG souligne les conditions précaires du métier. Nombre d’entre eux, comme en France, se retrouvent contraints de basculer sur un statut de free-lance, sans salaire de base ni avantages spécifiques. 
 

Une « monstrueuse » demande


« Le LA Times doit revenir sur cette monstrueuse demande », insiste le président de l’Authors Guild, James Gleick. « Un journal est censé nourrir ses auteurs et non pas les traiter comme des serviteurs sous contrat. Cette tentative d’intimidation mal fichue est une attaque contre le droit d’auteur. »

S’ensuit un courrier adressé directement au PDG du LA Times, Patrick Soon-Shiong, propriétaire de la publication depuis juin 2018. Présenté comme un sauveur pour la presse américaine, il avait injecté 500 millions $ dans le groupe Tronc, détenteur du LA Times, ainsi que d’autres médias. 
Sa tentative de prise de contrôle du droit d’auteur des journalistes de sa rédaction a suscité un vif émoi, depuis l’annonce faite le 13 février dernier. L’Authors Guild l’exhorte à respecter le travail de ses salariés, et de ne pas les priver d’une source de revenus qui leur est indispensable.

Le courrier envoyé par l'Authors Guild est ci-dessous et à cette adresse.
 

 




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