Le Loup de Wall Street : une plainte de 25 millions $

Clément Solym - 21.02.2014

Edition - Justice - Leonardo DiCaprio - Martin Scorsese - plainte


Le trader américain Jordan Belfort s'est forgé une réputation solide dans le monde de Wall Street. Mais également parce qu'il a fait paraître deux autobiographies, The Wolf of Wall Street, puis Catching the Wolf of Wall Street, dont la première jouit d'une adaptation au cinéma, portée par Leonardo DiCaprio dans le rôle-titre, et réalisé par Martin Scorsese. Mais derrière l'adaptation au cinéma d'un simple livre, se cache désormais une procédure judiciaire, avec 25 millions $ que réclame le plaignant…

 

 

The Wolf of Wall Street
Jagz Marion, CC BY SA 2.0

 

 

L'éditeur Max Milo avait originellement fait paraître cette aventure de Jordan Belfort, racontant le milieu de la Bourse dans les années 90. Fondateur de la société de courtage Stratton Oakmont, il avait fait une spécialité du placement d'actions de sociétés introduites en Bourse. En 92, il avait réalisé 49 millions $ de résultat, à la tête de sa société. 

Wall Street, le temple de la spéculation financière : nul, mieux que Jordan Belfort, ne connaît ses coulisses mafieuses, ses secrets scandaleux, ses escroqueries énormes. Surnommé, il n'y a pas si longtemps encore, le loup de Wall Street, il était devenu devenu l'un des hommes les plus riches de New York. Pourtant, le FBI va s'intéresser à lui et l'arrêter . Avec un sens aigu de la narration et du rythme, Belfort nous raconte son histoire tragi-comique, de ses débuts de trader jusqu'à sa chute, évoquant au passage ses fêtes décadentes, l'abus de drogues en tout genre. Une vie de rock star. Par sa démesure même, cette autobiographie du plus dément des requins de la finance restera dans les annales.

 

Mais voilà : au milieu des magouilles, de l'ambition, et des drogues les plus variées, particulièrement dans les soirées de Jordan, se retrouvent plusieurs d'autres personnages, dont certains semblent se reconnaître dans le film de Scorsese. Et plus spécifiquement Andrew Greene, auteur de l'actuelle plainte déposée contre les studios d'un film nominé aux Oscar à cinq reprises, dont celui du meilleur film et celui du meilleur acteur. 

 

À l'heure actuelle, ni la Paramount, ni Red Granite Pictures n'ont souhaité faire de commentaires. Le problème est qu'Andrew Greene a travaillé pour Jordan Belfort, dans la maison Stratton Oakmont. Et se retrouve bien dans le livre - et le film, où, selon sa plainte, il serait grimé sous les traits de Nicky Rugrat Koskoff. Et comme les mémoires de Belfort font état de la présence de Greene - et que le film connaît un solide succès commercial - il y avait de la plainte dans l'air… 

 

Greene accuse Scorsese d'avoir modifié le surnom qu'il avait dans le livre, Wigwam, pour Rugrat, et qu'en dépit du nom attribué au personnage qu'incarne PJ Byrne, rien à faire, c'est bien lui, Andrew Greene, qui est porté sur l'écran. « Le film contient plusieurs scènes où le personnage de M. Greene est dépeint comme un criminel, consommateur de drogues, dégénéré, dépravé et/ou dépourvu de toute morale ou éthique », peut-on lire dans la plainte. 

 

 

 

 

Or, non seulement Greene n'a jamais été sollicité, pas plus qu'il n'a autorisé que l'on se serve de son image pour le film. Qui contient en outre des séquences particulièrement insidieuses, qui lui attribuent des « tendances misogynes ». Et d'ajouter : « Le personnage de M. Greene est montré en pleine consommation de cocaïne, dans les locaux de l'entreprise, durant les heures ouvrables. » Absolument inadmissible, évidemment. 

 

Tout le monde sait que les traders commencent à consommer dans l'ascenseur…

 

Tout le problème est que le personnage de Rugrat Koskoff - surnommé ainsi du fait de la perruque qu'il porte - dispose d'un rôle très important au sein de la société Stratton Oakmont, poste occupé après le départ de Belfort.