Temperature par F. Scott Fitzgerald, la nouvelle inconnue du grand public

Julie Torterolo - 03.08.2015

Edition - International - F. Scott Fitzgerald - Temperature - Nouvelle inédite


75 ans après sa mort, F. Scott Fitzgerald réserve encore des surprises : le rédacteur en chef de The Strand a en effet découvert une nouvelle « inédite » de l’écrivain. Andrew F. Gulli a fouillé dans les écrits de l’auteur de Gatsby le Magnifique, à l’Université de Princeton, et y a déniché le texte, devenu son « scoop », écrit en juillet 1939, un an avant le mort de F. Scott Fitzgerald. 

 

F. Scott Fitzgerald, 1935 by David Silvette, Oil on canvas

(Cliff, CC BY 2.0)

 

 

Selon AP, la nouvelle de 8000 mots intitulée Temperature parle de « l’échec, la maladie et [du] déclin ». Plus précisément, F. Scott Fitzgerald dépeint le quotidien d’un écrivain alcoolique, habitant à Los Angeles, qui apprend qu’il est atteint d’une maladie cardiaque. De quoi largement faire écho à la vie de l’auteur lui-même.

 

F. Scott Fitzgerald avait en effet déménagé à Los Angeles afin de percer dans l’écriture de scénario pour le cinéma. Il souffrait également d’un sévère alcoolisme, pour lequel il avait été hospitalisé deux fois en 1939, et il décéda en 1940 d’une crise cardiaque, au jeune âge de 44 ans. Les trois mêmes caractéristiques que son personnage principal. 

 

« Quand nous pensons à Fitzgerald, nous avons tendance à penser à des romans tragiques tels que Gatsby ou Tendre est la nuit, mais Temperature démontre qu’il était également à l’aise et hautement qualifié comme nouvelliste et qu’il a réussi à prendre sa plume pour de la satire », affirme Andrew F. Gulli. 

 

Après le succès de ses histoires dans Collier, The Saturday Evening Post ou d’autres journaux, F. Scott Fitzgerald a connu un grand passage à vide. Se sentant négligé, il avait lui-même envoyé Temperature, qui fut rejeté, relate-t-il dans une lettre envoyée à son agent littéraire Harold Obere, en août 1939, selon l’AP.

 

« Je n’ai pas à te rappeler que même si un homme a sauvé une fois de la noyade un autre, quand il refuse de lui tendre la main la seconde fois, la victime doit agir rapidement et désespérément afin de se sauver lui-même », a-t-il écrit à Harold Obere. 

 

Ces dernières années furent ainsi douloureuses dans un Hollywood qu’il décrivait comme une « ville hideuse », mais aussi « berceau de toute inspiration ». Temperature est déjà publiée dans le numéro estival de The Strand.