Le magnifique poème d'adieux d'un père mourant à sa fille nouveau-née

Cécile Mazin - 09.07.2016

Edition - International - adieu père enfant - livre docteur cancer cerveau - poème fille mort


Les vidéos de chatons ne font plus tant recette – encore que –, mais celles de bébés auront toujours dans le cœur des internautes une place bien particulière. Voici la vidéo que l’on s’arrache actuellement, le texte qu’un père mourant récite un poème à son enfant nouveau-né. Et tout part du livre du Dr Paul Kalanithi, When Breath Becomes Air, où ce dernier avait ajouté un poème à l’attention de sa fille, Elizabeth Acadia.

 

le Dr Paul Kalanithi et sa fille

 

 

Considéré comme une « lettre d’amour de Paul à sa fille Cady », le livre est resté inachevé : le Dr Kalanithi est décédé avant de conclure son manuscrit. Il y raconte cependant comment, durant les deux dernières années de sa vie, il a poursuivi ses soins aux patients, alors qu’il devenait lui-même le patient d’autres médecins. Paul est décédé le 9 mars 2015, à l’âge de 37 ans, d’un cancer au cerveau.

 

C’est actuellement son épouse qui assure la tournée promotionnelle du livre, et quand elle parle de la relation de son époux avec leur petite fille, elle explique : « Il était tout simplement ravi d’être un papa, et le simple fait d’avoir cet enfant faisait tout respirer toute notre maison d’une vie incroyable. [...] » Et quand la question s’est posée de savoir si, à cause de la maladie, dire adieu à un enfant ne serait pas plus difficile, il répondit : « Ne serait-il pas merveilleux si cela arrivait ? [d’avoir cet enfant, NdR] »

 

Et c’est dans son livre que l’on a pu découvrir un poème d’adieu qui a été mis en scène par Upworthy, dans une vidéo qui n’a pas mis longtemps à attirer l’attention des internautes. C’est la veuve de Paul qui le lit.

 

 

 

 

There is perhaps only one thing to say to this infant, who is all future, overlapping briefly with me, whose life, barring the improbable, is all but past. That message is simple : When you come to one of the many moments in life when you must give an account of yourself, provide a ledger of what you have been, and done, and meant to the world, do not, I pray, discount that you filled a dying man’s days with a sated joy, a joy unknown to me in all my prior years, a joy that does not hunger for more and more, but rests, satisfied. In this time, right now, that is an enormous thing.

 

 

traduction libre :

Il n’y a peut-être qu’une seule chose à dire à cette enfant, qui est tout l’avenir, dont la vie se chevauche brièvement avec la mienne, dont l’existence, à moins que l’improbable n’advienne, est tout sauf achevée.

 

Ce message est simple : quand tu rencontreras l’un de ces moments de la vie où il te faut rendre des comptes sur soi-même, fournir un registre de ce que tu as été, et fait et présenté au monde, je t’en prie, ne néglige pas le fait d’avoir rempli les jours d’un homme mourant, d’une joie totale, d’une joie qui m’était inconnue depuis toutes ces années. Une joie qui totale, une joie qui m’était inconnue depuis toutes ces années. Une joie qui ne réclame pas encore, sans cesse, mais repose et apaise. En ce moment, précisément, c’est une chose énorme.