Le majordome du Pape : coupable d'avoir trahi Sa Sainteté

Clément Solym - 02.10.2012

Edition - Justice - Vatican - Pape - Sua Santita


Au cours du procès dans lequel il est impliqué et accusé du vol de documents confidentiels, le majordome du pape - enfin, ex-majordome - s'est répandu dans le tribunal. Il se bat la coulpe, certes, d'avoir trahi la confiance qui lui était accordée, et que le Saint-Père avait en lui. Mais pour ce qui est du vol de documents, il clame bien fort son innocence...

 

 

 

 

Il faut se souvenir que lesdits documents sont tombés dans l'escarcelle du journaliste italien Gianluigi Nuzzi, rapporte l'AFP. Ce dernier les avait alors réunis pour réaliser un ouvrage, Sua Santità, qui depuis, avait défrayé les colonnes de la presse. 

 

Paolo Gabriele, c'est lui que l'on soupçonne d'être à l'origine des fuites qui ont donné lieu à la publication du livre de Gianluigi Nuzzi. Le Vatican avait crié au scandale estimant que « la nouvelle publication de documents ne s'apparente plus à une initiative journalistique discutable - et objectivement diffamatoire - mais présente clairement les traits d'un acte criminel » (voir notre actualitté)

 

 « Inévitablement, mon rôle m'amenait à voir beaucoup de situations des deux côtés, du point de vue de ce qu'en pensait le peuple ou de ce qu'en pensait le pouvoir », a lâché durant l'audience l'ancien majordome, manifestement en pleine crise de repentir. Mais surtout, il s'agissait de la première déclaration publique sur cette affaire. 

 

D'ailleurs, l'intéressé assure que le Pape lui-même aura été manipulé dans toute cette affaire, et dans celles d'avant. De mauvais conseillers, des informations qui manquaient... autant de points qu'il avait soulevés, et que le Saint-Père semblait ignorer. 

 

C'est alors pour combattre une corruption grandissante que l'homme a décidé d'agir, seul et sans complice, comme il le souligne. Cependant, « je ne suis pas le seul au cours des années à avoir fourni des informations confidentielles à la presse », précise-t-il pour semer le trouble. 

 

Lors de la perquisition, les gendarmes ont réuni un ensemble de documents contenant des livres et des coupures de presse - notamment sur la franc-maçonnerie et les services secrets. De quoi remplir plus de 82 cartons. Arrêté le 23 mai, le bonhomme affirme par ailleurs que le Vatican a tenté de faire justice lui-même, en l'enfermant dans une cellule, plus de 15 jours, où il ne pouvait pas tendre les bras, avec une lumière allumée, 24h/24...