Le Mal, des individus dangereux et agissant sans réfléchir

Clément Solym - 19.03.2011

Edition - Société - thriller - chattam - fantastique


Eric Giacometti, journaliste au Parisien et auteur de thriller invite quatre auteurs Maxime Chattam, Leviatemps, (Albin Michel), Eric Nataf, Régime mortel, (Odile Jacob), Jean-François Parot, L'honneur de Sartine, (J.-C Lattès), Johan Theorin, Le sang des pierres, (Albin Michel) à parler de ce nouveau genre qui fait fureur: le thriller.

Un thriller oui, mais pas n'importe lequel !

L'œuvre au titre éloquent d' Eric Nataf raconte l'histoire d'un homme qui tombe amoureux d'une obèse et voulant l'aider à maigrir, la fait mourir. C'est ce qu'on appellera un thriller médical. Eric Nataf s'empare aussi de la richesse d'intrigues que la médecine propose dans la vie réelle. Ceux-là s'emparent d'une réalité proche du polar. Chattam lui, considéré comme le maître du genre depuis neuf ans offre en plus d'un univers gothique une véritable réflexion sur l'homme.

L'heure est à l'immersion. Les auteurs expliquent leur travail de documentation dans le souci de délivrer une œuvre dans laquelle le lecteur puisse s'abandonner confiant...Ainsi le romancier français a pris soin de peindre un Paris de 1900 des plus inquiétants.


Le crime en bas de chez soi..

Si les écrivains présents n'écrivent pas le même genre de thriller -Voici en illustration le nouveau néologisme de Maxime Chattam : « le thrillar » est le roman polar dans un univers intime - ils semblent tous puiser leurs intrigues dans leur quotidien. Ainsi, Nataf avoue puiser ses micro-fictions au cinéma mais aussi dans son immeuble. Il nous confie que son voisin homéopathe ressemble à un vrai tueur et qu'il accueille ses patients dans une chambre aux lourds rideaux rouges...on est proche d'Hitchcock...

Theorin tient l'auditoire affamé de ce vendredi midi en exposant une photo du bateau de son grand-père sur la scène. En effet, c'est celui-ci qui aurait nourrit l'imaginaire fantastique de l'auteur suédois. Il a grandi sur les îles d'Öland, et ses histoires s'y passent aussi. Elfes et trolls font partie du décor scandinave et son grand-père apparaît dans ses récits, sorte de Maigret local, d'après Eric Giacometti !

Des secrets...

On demande à Johan Theorin une définition du mal : la bêtise. « Des individus dangereux et agissant sans réfléchir , il n'y a pas de mal pur ». Lorsque la parole est donnée au public, les questions fusent. On veut savoir si les lecteurs sont des psychopathes. (que chacun réfléchisse dans un coin...) Chattam nous rassure, un psychopathe n'a pas besoin d'un de ses livres pour passer à l'acte. Theorin évoque une querelle de couple lors d'une séquence de dédicaces, mais pas de sang.


Quant aux circonstances dans lesquelles fut écrit leur premier roman, Nataf évoque une envie de réelle création dans une société trop passive, Theorin veut s'exorciser de son grand-père, Payet (journaliste du Parisien aussi présent) a besoin de plus de place que celle donnée à ses articles et Chattam, fan de Tom Sawyer et de Bilbo le hobbit a mis la main à la plume pour partir de cette réalité qui ne lui convenait pas.

Voilà donc l'aperçu rapide et intense proposé ce matin à la scène des auteurs. A quand le thriller apocalyptique ?