Le manuel d'histoire franco-allemand ne fait guère recette

Clément Solym - 23.06.2011

Edition - Société - manuel - histoire - franco


Lancé en 2006 sur une idée venue du Parlement franco-allemand des jeunes en 2003, le premier manuel d’histoire franco-allemand n’a guère recueilli grand intérêt du côté des enseignants français comme chez leurs collègues allemands. Si le dernier volume de la collection, portant sur le programme de seconde, sort ce jeudi, toujours aux éditions Nathan, il est presque déjà caduc avec la réforme du lycée entamée dès la rentrée 2010.

Avec, pour le volume consacrée au programme de la classe de première, 15 000 ventes et 50 000 pour le niveau Terminale, au total d’un côté comme de l’autre du Rhin, les ambitions des auteurs ont vite tourné court. Et c’est pourtant bien dommage. Mais la disparition de l’enseignement de l’histoire dans de nombreuses sections pour la terminale ne va rien arranger à la situation actuelle.


Il faut croire que ce projet était trop novateur pour séduire en masse les enseignants et donc, par la suite, les élèves. Pourtant des efforts considérables ont été faits pour arriver à mener ce projet à son terme. Il a fallu ménager la chèvre et le chou pour construire un manuel commun sur des programmes d’histoire qui diffèrent largement entre la France et l’Allemagne.

Selon l’historienne Corinne Defrance, consultée par l’AFP, « Il y a une responsabilité énorme des politiques et notamment du gouvernement français qui, par la réforme des lycées en 2010, a redéfini les règles du jeu ». En somme, ce projet est tombé dans une mauvaise période. Il faut surtout dire qu’initié sous la houlette du chancelier Gerhard Schröder et du président Jacques Chirac, il a été oublié par les successeurs des deux hommes politiques.

Du côté des éditions Nathan, on ne baisse pas pour autant les bras. Pour Françoise Fougeron, directrice générale de Nathan Scolaire, ces trois manuels sont loin d’être caducs : « ils traitent des mêmes thèmes que les programmes français ». Il reste encore à en convaincre les enseignants…