Le manuscrit du roman jamais terminé de Napoléon aux enchères

Antoine Oury - 14.09.2016

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Pour la rentrée littéraire 2007, la maison Fayard mettait en avant un jeune auteur promis à un futur radieux, ou presque : Napoléon Bonaparte. L'éditeur publiait Clisson et Eugénie, « un petit récit, esquisse d'un amour parfait, gâché par la traîtrise, mais ennobli par la guerre », unique tentative littéraire du futur empereur. Quelques pages du manuscrit de ce court roman seront aux enchères le 21 septembre prochain.

 

Extrait du manuscrit de Clisson et Eugénie (via Bonhams)

 

 

Les 4 pages manuscrites, recto et verso, sont datées aux alentours de 1795, rédigées par un Napoléon Bonaparte âgé de 26 ans environ, longtemps avant qu'il ne devienne empereur de France. Le lot proposé par la maison de vente aux enchères Bonhams comprend aussi la correspondance de Martin Breslauer et Noël Charavay, libraires-bouquinistes spécialisés dans les manuscrits prestigieux, avec leurs confrères Leo Liepmannssohn et un certain M. Rosenbacher.

 

La majorité du manuscrit de Clisson et Eugénie est conservée au sein des Archives nationales de Pologne, et une page avait été vendue en 2007 pour 24.000 €. Pour cette vente un peu plus conséquente, Bonhams annonce une estimation entre 160.000 et 220.000 €. La vente aura lieu à New York, le 21 septembre prochain.

 

Le désormais célèbre court roman de Napoléon relève à la fois de la fiction et de l'autobiographie : le roman raconte l'histoire d'un jeune général corse, Clisson, un peu misanthrope, mais promis à un grand avenir. Épris d'une certaine Amélie, son cœur se tourne toutefois soudainement vers Eugénie.

 

Amélie ordonnait l'amour à la jeunesse, mais Eugénie plaisait à l'homme ardent qui n'aime pas par passe-temps, par concours, mais par une passion profonde et constante. La première arrivait à l'amour par la beauté, la seconde n'y arrivait que par les sentiments sincères. Beaucoup d'hommes ont été l'ami d'Eugénie. Avec un seul d'eux elle donne signe des sentiments plus tendres.

 

 

Clisson et Eugénie n'est pas un roman à clefs, tant l'inspiration est flagrante : Napoléon y fait référence à son amour pour Eugénie Désirée Clary, belle-sœur de son frère Joseph, qu'il connut en 1794, quelques mois avant Joséphine de Beauharnais. Apparemment, leur relation fut surtout épistolaire...

 

 

 

Le roman a été comparé par Sir Christopher Frayling, dans ses notes de la traduction anglaise, à la Nouvelle Héloïse de Rousseau. Le manuscrit complet, selon les spécialistes, s'étend sur 22 pages.

 

via The Guardian