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Le marché de l'art se pique de couvertures de livres, sous cape ?

Antoine Oury - 14.01.2014

Edition - International - Chris Foss - couvertures de livres - science-fiction


Shia LaBeouf ferait-il des émules ? Quoi qu'il en soit, le dessinateur Chris Foss, bien connu des amateurs de science-fiction pour ses couvertures des livres d'Asimov, n'a plus qu'à se mordre les doigts. Quitte à ne plus dessiner : un de ses confrères a en effet « rendu hommage » à son travail en reproduisant presque trait pour trait ses oeuvres, des copies qui se sont particulièrement bien vendues aux enchères.

 

 

 

 

Glenn Brown, c'est le nom de l'heureux vendeur qui a récolté près de 5 millions $ après une vente très fructueuse en octobre dernier chez Sotheby's, cite sa source sans problème : tous ses tableaux sont « copiés » d'oeuvres de Chris Foss, réalisées à l'époque pour illustrer les romans de science-fiction, Asimov en tête.

 

Brown s'inspire également de John Martin, ou d'Anthony Roberts, des illustrateurs qui ont bercé son enfance et ses lectures. Alors, certes, Brown rend aux compositions un format plus impressionnant que celui d'un livre de poche, mais force est de constater que les dessins se ressemblent au point qu'il n'est même pas possible de jouer aux 7 différences.

 

 

À gauche, Chris Floss, à droite, Glenn Brown. Ou l'inverse.

 

 

L'auteur original a donc probablement eu un petit pincement au coeur, lorsqu'une seule pièce de Brown s'est récemment "soldée" à 5,7 millions $ lors d'une vente aux enchères. En fait, Chris Foss avait donné son autorisation à Brown pour un « remix » de ses oeuvres, alors qu'il travaillait lui-même sur le film A.I. de Steven Spielberg. Sans imaginer une seule seconde la teneur du remix, et sa valeur quelques années plus tard.

 

Dans les interviews, Glenn Brown assume totalement sa pratique, en soulignant que « le travail est toujours basé sur quelque chose qui existe, et je voulais rendre cette relation avec l'histoire de l'art aussi évidente que possible ». Il refuse toutefois d'être qualifié de plagieur, assurant que les couleurs et dessins de Foss sont retoqués : « J'ai toujours ajouté quelque chose pour les rendre plus intenses, d'emblée. »

 

Dans l'espace, de toute façon, personne ne vous entend copyrighter...