Le Médiator, le laboratoire Servier et l'éditeur Kermarec

Clément Solym - 24.01.2011

Edition - Justice - mediator - servier - kermarec


Le Breton a la tête dure, c'est là son moindre défaut. Et dans le cas Kermarec, sa plus belle qualité. Charles, de son prénom attend avec impatience le verdict qui sera rendu demain, pour l'ouvrage Mediator 150 mg, Combien de morts ?

Parce qu'en l'occurrence, les laboratoires Servier qui avaient encore un tant soit peu le vent en poupe, à l'époque de la sortie, avaient tenté de faire interdire le sous-titre du livre. (notre actualitté) « À 62 ans, je ne suis plus naïf. Les laboratoires Servier sont procéduriers et je m'attendais à des procès. C'est pour cela que chaque mot écrit sur la couverture et dans ce livre avait été pesé au trébuchet », précise-t-il à l'AFP.

Mais voilà... entre temps, l'opinion publique a largement été sensibilisée aux problématiques du Médiator. Irène Frachon, l'auteure, a même été entendue dans le cadre de l'enquête en cours sur le médicament, qui aurait provoqué entre 500 et 2000 décès. Finalement, Combien de morts... quoi de plus normal comme interrogation ?

« Je m'attendais à ce qu'il y ait une chaîne de responsabilités, je croyais que des choses avaient échappé aux gens et que quand ils allaient le comprendre, les bonnes décisions seraient prises. C'est beaucoup plus grave que ça, la totalité de ces données scientifiques assez simples - un poison qui ne sert à rien - étaient déjà dans les mains de l'Afssaps depuis plus de dix ans », expliquait-elle mi-janvier. (Le Figaro)

Entre-temps, elle a été élue Bretonne de l'année 2010, mais cela n'interviendra probablement pas dans le jugement que la cour d'appel doit rendre demain. Pas ? Quoique... « Si la question du nombre de morts n'avait pas été posée dans le titre du livre, l'Afssaps n'aurait sans doute pas été très loin dans ses investigations », souligne Me François Hoonorat, avocat de l'éditeur Dialogues, maison que pilote Charles Kermarec. Selon lui, « manifestement, la censure de ce titre avait une importance pour Servier pour clore le débat ».

La procédure, entamée fin 2009, ne porte plus le même regard sur l'affaire, comme l'avait précisé le président de la chambre, fin novembre.

Au point qu'Eva Joly, eurodéputée soit intervenue dans Mediapart, pour appeler une meilleure pratique. « Plus largement, nous devons sortir d’une logique de santé publique incitant à l’usage abusif de soins inutiles et parfois dangereux. C’est à une autre politique de santé à laquelle nous appelons. La mise en œuvre de cette politique alternative, fondée sur la promotion des services publics de santé, orientée vers la protection de l’environnement, l’éducation à la santé, la prévention et la réduction des inégalités, est l’un des piliers du projet de société que nous portons. » (Mediapart)

Charles Kermerec est aussi l'homme qui lutte contre les DRM... Juste pour mémoire.



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