Le métier de traducteur : mal payé et peu reconnu ?

Clément Solym - 18.12.2008

Edition - Les maisons - traducteur - littéraire - métier


Quand on maîtrise un peu quelques langues, on se rend vite compte, lors de la lecture d’un livre traduit, des énormes bourdes commises au fil des différentes pages. Si vous avez l’impression que cela devient monnaie courante, il y a peut-être une explication…

Une étude qui montre du doigt les pratiques des éditeurs :

C’est même l’association des traducteurs littéraires (ATLF) qui tire la sonnette d’alarme face à une situation devenue critique pour les professionnels exerçant ce métier à plein temps.

Plus précisément, le Conseil Européen des Associations de Traducteurs Littéraires (CEATL) vient de rendre public les résultats de sa première étude comparée sur la situation sociale et économique des traducteurs littéraires en Europe, étude effectuée en 2007 et 2008.

Traducteur littéraire : une profession mise à mal

Les conclusions de ce rapport sont plutôt préoccupantes. Les conditions imposées par le marché, et donc les éditeurs aux traducteurs, deviennent intenables. Vous pouvez consulter l’intégralité de ce rapport en suivant ce lien.

La traduction d’un ouvrage est un poste de dépense élevé pour l’éditeur si bien que ce dernier fait tout pour réduire les coûts au maximum quitte à publier une traduction déplorable sans même se donner le temps de relire le travail effectué par le traducteur.

On a vu aussi qu’une premier traduction devenant un succès, l’éditeur n’hésitait pas à réaliser une nouvelle traduction, copiant la première, pour publier à nouveau l’ouvrage mais sans avoir à payer des droits importants au premier traducteur…Dans de telles circonstances, la justice donne raison à ce traducteur compétent injustement spolié des bénéfices de son travail brillant.

Plus de profits pour les éditeurs, moins de qualité pour les lecteurs :

Sur le marché de la traduction, ce sont les langues rares qui se paient le plus cher. De leur côté, les éditeurs font tout pour faire baisser le coût de traduction d’une page. C’est ainsi qu’ils proposent de payer à la ligne de 60 signes et non au feuillet, ce qui permet de sortir gagnant grâce aux dialogues qui se retrouvent sous-payés. Les éditeurs recherchent également des traducteurs plutôt jeunes ou alors, au contraire, déjà retraités et donc moins intéressés financièrement. Mais ils sont aussi à l’affût pour prendre des stagiaires à moindre coût.