Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Le ministère de la Culture sera "vigilant et intraitable" avec les maires FN

Antoine Oury - 24.03.2014

Edition - Bibliothèques - Aurélie Filippetti - bibliothèques - Front national


La ministre de la Culture rencontrait ce matin les professionnels du livre, au Salon qui lui est consacré, Porte de Versailles. Aurélie Filippetti avait déjà annoncé que 2014 serait l'année des bibliothèques, et a pu préciser ses intentions lors d'un point presse après son discours. Mais également exprimer son inquiétude au lendemain du premier tour des municipales 2014.

 


Aurélie Filippetti - Salon du Livre 2014

Aurélie Filippetti au Salon du Livre de Paris 2014 (ActuaLitté, CC BY-SA 2.0)

 

 

La majeure partie du discours de la ministre s'est arrêtée sur les bibliothèques françaises, et a évoqué la possibilité d'horaires élargis, afin de faciliter les visites d'un public plus important dans les établissements. Visiblement, la ministre a réussi à plaider la cause des bibliothèques auprès du ministère des Finances.

 

En effet, afin de faciliter l'élargissement des horaires d'ouverture, « nous allons travailler pour que le fond de l'État permettant aux collectivités d'investir dans les bibliothèques puisse être augmenté, le cas échéant, afin de mettre en place des horaires élargis. Ce sera surtout un travail avec les élus, mais il est important que l'État puisse soutenir, au début, dans le cadre d'un projet global », souligne la ministre.

 

Pour structurer ces nouvelles aides, le ministère propose également la mise en place d'un label, sensiblement similaire à celui décerné à certaines librairies, le label LIR. Ce nouveau label serait décerné aux « bibliothèques qui s'engagent dans un projet global d'amélioration des services donnés au public, notamment au niveau de l'élargissement des horaires ». La ministre cite l'exemple de Rennes, où des résultats positifs semblent avoir été observés. L'obtention de ce label garantirait un soutien financier plus important de la part de l'État.

 

Au lendemain des municipales, la ministre a abordé le point délicat de la percée du Front National dans certaines villes françaises, notamment Avignon ou Perpignan. « Du point de vue de la culture, la percée du Front National est inquiétante pour ces villes. Dans le passé, il y a toujours eu des attaques très graves de la politique culturelle, avec des coupes dans les subventions et des atteintes à la liberté de programmation dans les théâtres ou bibliothèques. Des interventions des élus FN, il y en a des exemples innombrables », a-t-elle poursuivi.

 

« Nous serons vigilants et intraitables vis-à-vis du FN. Nous veillerons à la liberté de tous les acteurs culturels. »

Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication

 

 

 

Enfin, la ministre a été interrogée sur l'avenir de la loi Anti-Amazon et du contrat d'édition numérique : « Nous attendons le retour de la Commission européenne, qui pourra prendre 3 mois, et 3 mois supplémentaires s'ils en font la demande, ce qui nous emmènerait en juillet. » L'opinion de la Commission sur cette législation reste la grande inconnue, et elle pourrait très bien la déclarer anticoncurrentielle...

 

Du côté de la nomination du Médiateur du livre, tout devrait aboutir à partir du mois de juillet. Le décret d'application est en cours d'écriture, mais pas de budget spécialement alloué. En réalité ce n'est pas un emploi à temps plein, et le service Livre et lecture assurera l'aide logistique. « C'est surtout une question de calendrier », précise la ministre.

 

 

Toutefois, tient à préciser la ministre pour un public essentiellement professionnel, « le contrat d'édition ne sera pas impacté par cette décision de la Commission européenne ». Sauf pour le retard : au pire, le contrat entrera en vigueur d'ici juillet, donc... « J'ai eu du mal à trouver un véhicule législatif pour ce contrat », ajoute la ministre comme pour s'excuser du délai, inattendu.