Le monde culturel japonais organise la résistance contre le traité transpacifique

Antoine Oury - 18.03.2015

Edition - International - Japon organisations - auteurs éditeurs - copyright droits d'auteur


L'inquiétude japonaise ne date pas d'hier : dès 2011, des créateurs avaient dénoncé les effets pervers — et secrets — du traité commercial transpacifique, en négociation avec les États-Unis. Des clauses sur le droit d'auteur menacent en effet une partie des créations du pays, et une soixantaine d'organisations ont signé un appel pour que le copyright soit retiré du périmètre des négociations.

 


LIVING UNDER COPYRIGHT  2004

(Christopher Dombres, CC BY 2.0)

 

 

Plusieurs organisations avaient fait une piqûre de rappel, voici quelques jours : avec l'application des clauses portant sur le copyright du TPP, d'après les dernières versions disponibles, de nombreuses créations tomberaient sous le coup de la loi. Les pratiques des cosplay et des parodies, les dojinshi, seraient ainsi menacées par les réformes du copyright incluses dans le traité.

 

En octobre 2014, WikiLeaks avait dévoilé des brouillons du TPP, qui contenaient des clauses évoquant l'application d'un copyright plus sévère, inspiré des règles de la propriété intellectuelle américaine. D'où le surnom de « Mickey Mouse Law », d'après l'extension de la protection des droits d'auteur à 70 après la mort de ce dernier pour laquelle Disney avait exercé un lobby sans précédent. D'après les dernières informations, les négociateurs auraient inclus cette clause dans les négociations.

 

Conscients de la rapidité et de la visibilité nécessaires pour faire entendre leur voix, 63 organisations ont mis en place une conférence de presse, filmée et retransmise sur le Web, pour appeler le gouvernement japonais et les négociateurs à retirer toute clause sur le droit d'auteur du traité transpacifique.

 

Parmi ces organisations, on remarque notamment les éditeurs Artes Publishing, Hihyosha ou Pot Publishing, mais aussi des organisations comme l'Union des auteurs japonais indépendants, la Guilde des Artistes ou les bibliothécaires de la Japan Library Association, entre autres. Des artistes se sont aussi associés au mouvement, dont le dramaturge Oriza Hirata et le dessinateur Ken Akamatsu. 

 

L'événement a reçu une bonne couverture médiatique, mais rien ne garantit qu'elle suffira à lever le voile pudique jeté sur les négociations.

 

(via EFF)